Accident vasculaire cérébral: le Congo parmi les pays les plus touchés

 Accident vasculaire cérébral: le Congo parmi les pays les plus touchés

Black man having a heart attack

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l’accident vasculaire cérébral (AVC) comme étant le développement rapide de signes cliniques localisés ou globaux de dysfonctionnement cérébral avec des symptômes durant plus de vingt-quatre heures pouvant entraîner la mort, sans autre cause apparente qu’une origine vasculaire. La gravité de cette maladie et sa distribution dans le monde justifient pleinement qu’une journée, celle du 29 octobre, lui ait été consacrée afin de sensibiliser l’opinion publique sur ses chiffres ravageurs et sur les moyens de s’en prémunir.

En termes de chiffres, l’AVC touche chaque année environ quinze millions de personnes dans le monde ; dont cinq millions sont vouées à la mort et cinq autres millions à développer une incapacité permanente, selon l’OMS.

Le Congo-Brazzaville figure parmi les pays les plus touchés au monde par cette maladie. En effet, l’AVC constitue la première cause de mortalité au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, qui de ce fait s’est vu doter en 2014 d’une unité de soins intensifs neuro-vasculaires pour assurer une meilleure prise en charge des personnes foudroyées par l’AVC. Cette maladie se voit souvent être littéralement un foudroiement de par son mode de survenue par rupture d’un vaisseau sanguin au niveau du cerveau, ce qui représente le mode de survenue majoritaire des AVC à côté d’une survenue par occlusion du vaisseau sanguin, plus rare.  

Hypertension artérielle, retard diagnostique et retard de prise en charge par manque de ressources, le mode d’alimentation, la consommation abusive d’alcool sondes éléments qui font le caractère fatal de cette maladie.

Au Congo-Brazzaville où la majeure partie de la population entretient des habitudes alimentaires délétères et où les débits de boisson pullulent et proposent des offres promotionnelles telles que le pack de trois bouteilles de bière vendu à 1000 FCFA, et où la majeure partie de la population ne bénéficie pas d’un suivi médical régulier par manque de ressources financières, les chiffres morbides ont tôt fait de suivre.

La survenue d’un AVC s‘inscrit pourtant tel un drame dans l’histoire de la personne malade et de son entourage immédiat. En effet, d’après une étude publiée dans le Journal africain des sciences neurologiques en 2017 par le Pr Ossou-Nguiet, enseignant chercheur à l’Université Marien-Ngouabi et chef du service de Neurologie au CHU de Brazzaville, la dépression est un facteur constant qui intervient dans la suite d’un AVC. Selon cette même étude, quel que soit le contexte de survenue de l’événement circulatoire et le profil des personnes touchées, plus l’autonomie de l’individu est affectée plus la dépression est présente et conséquente, affectant même l’adhésion du malade aux soins.

En effet, avec les risques de récidives après la survenue d’un premier AVC mais aussi l’invalidité physique, les troubles cognitifs et troubles de langage souvent observés dans les suites de l’AVC, cette maladie avec ou sans comorbidités, même vaincue, laisse toujours une ombre ténébreuse auprès des personnes qui l’ont subie. L’occasion alors de rappeler, en cette journée mondiale de l’AVC, la nécessité de la prévention, de la rapidité de se faire prendre en charge si jamais elle survient inopinément et, au personnel soignant d’accompagner le suivi médicamenteux et la kinésithérapie, de thérapies psychologiques adjuvantes pour redonner de l’espoir aux personnes qui en sortent, diminués.

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