[ Analyse ] : L’agriculture est le plus grand business en Afrique

 [ Analyse ] : L’agriculture est le plus grand business en Afrique

Je suis d’accord. L’agriculture est notre unique planche de salut. Le dérèglement climatique fait beaucoup de mal à l’agriculture du continent, mais son remède c’est aussi l’agriculture. Modernisée, c’est un potentiel de 1000 milliards de dollars par an entrainant une chaine de valeur inestimable.

Je n’ai jamais cru aux fadaises comme les zones économiques spéciales alors qu’on ne crée pas la matière première attendue dans ces industries. Je ne crois pas à la création d’usines tout azimut, comme les fabriques de chaussures éthiopiennes qui font baver les internautes pour un salaire de 20.000FCFA par mois ou à la haute technologie rwandaise qui sert à louer des satellites de communication, des maillots d’équipes de pays riches et acheter des drones israéliens pour rester parmi les plus pauvres du continent.

Le pétrole du Golfe de Guinée, l’or du Mali ou de la RCA, le cuivre et le cobalt de la RDC ne seront jamais des leviers de développement. Les quantités accessibles sont souvent plus modiques que ne l’entend la propagande facile, les capacités d’emplois dans ces secteurs sont faibles, la valorisation des filières impossibles à cause de notre niveau de développement, l’économie de rente étant en plus dangereuse pour sa volatilité. Ce sont des chemins sans issues. D’ailleurs l’agriculture n’est pas une chance que pour l’Afrique, car ce fut le levier pour tous les pays aujourd’hui développés. Du premier, l’Angleterre, jusqu’aux derniers, les tigres d’Asie, dont la Chine.

Des plus petits comme la Suisse aux plus grands comme les Etats-Unis. Nous n’y couperons pas. Nos paysans sont notre plus grand atout disais-je il y a une semaine, lui il dit que notre ruralité est notre pôle de prospérité. Pareil, comme lorsqu’il avance que 11 millions d’agriculteurs de 29 pays du continent bénéficient d’un programme de transformation technologique, j’avançais 20.000 par an pour le Congo sur 5 ans. Certains m’ont rétorqué « chiffre choisi au hasard ». Mais non. Il y a une proportion bien étudiée. Sauf que là où ses 11 millions vont échouer, c’est qu’on ne réussit pas un programme agricole sans terres à attribuer aux agriculteurs. C’est un détail que beaucoup négligent mais pourtant c’est la base. J’y reviens bientôt.

Hervé Mahika

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