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Belgique: Junior Masudi Wasso admis sur le territoire belge

 Belgique: Junior Masudi Wasso admis sur le territoire belge

L’étudiant congolais, placé en centre fermé au motif qu’il ne disposait pas de tous les documents nécessaires pour étudier en Belgique, a été finalement admis sur ce territoire, après que des nouveaux éléments ont été versés à son dossier, a indiqué l’Office des étrangers en Belgique.

Junior Masudi Wasso pourra finalement débuter les cours à l’Université catholique de Louvain (UCL), où il est inscrit. L’Office des étrangers a effectué un rétropédalage, le 4 octobre, en affirmant que l’étudiant congolais avait été arrêté par la police des frontières lors de son arrivée en Belgique car les frais d’inscription à l’UCL n’avaient pas été payés et que le motif de son déplacement n’avait pas été suffisamment prouvé. En outre, cet office a fait savoir que le ministère congolais des Affaires étrangères a versé les frais d’inscription de l’étudiant, et l’UCL a également transmis des informations supplémentaires sur la manière et les éléments par lesquels elle a jugé que l’étudiant est effectivement apte à y étudier.

Le jeune congolais, inscrit à l’UCL, en possession d’un passeport en règle et d’un visa étudiant qui court jusqu’au 22 mars 2022, avait été arrêté par la police des frontières, lors de son arrivée en Belgique, le 18 septembre. Il était détenu au centre fermé de Caricole, à Steenokkerzeel, près de l’aéroport de Bruxelles-National (Zaventem).

Profonde injustice

Dans un communiqué intitulé « Junior Masudi Wasso est libéré mais le combat doit continuer », la Fédération des étudiants francophones (FEF) de Belgique et l’Assemblée générale des étudiants de Louvain-la-Neuve (AGL) ont manifesté leur joie en apprenant la libération de Junior Masudi Wasso. Elles ont toutefois estimé qu’il convient, dès à présent, de mener une réflexion sur la politique d’accueil des étudiants étrangers. Pour la FEF et l’AGL, il ne fait pas de doute que la pression mise par une large partie de la société civile a influencé cette décision. « Il n’en reste pas moins que la situation que Junior Masudi Wasso a vécue est d’une profonde injustice et que la lumière devra être faite sur la décision arbitraire dont il a été victime. La Fédération proposera prochainement à ses membres de mener une réflexion sur la politique d’accueil des étudiants étrangers pour pousser le gouvernement à prendre des dispositions qui éviteront de reproduire cette situation à l’avenir. La FEF et l’AGL souhaitent maintenant que Junior Masudi Wasso puisse entamer ses études sereinement en bénéficiant de toutes les aides nécessaires pour se remettre de ce terrible évènement et rattraper le temps perdu », indique le communiqué de presse.

Pour sa part, l’UCL s’est également réjouie de la libération de Junior Masudi Wasso. « L’UCLouvain a été informée que M. Junior Masudi a été admis aujourd’hui sur le territoire belge. Nous remercions celles et ceux qui ont contribué à cette issue positive et nous nous réjouissons d’accueillir notre nouvel étudiant », a indiqué l’université sur son compte Twitter, le 4 octobre.

Chronique d’une mobilisation générale

Depuis l’annonce de l’arrestation de Junior Masudi Wasso, les réactions, notamment politiques, s’étaient multipliées. Ainsi, s’exprimant sur le sujet lors du Conseil des ministres du 1er octobre, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, avait condamné cet acte qu’il a qualifié de  « déplorable » et instruit le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, d’approcher l’ambassadeur du royaume de Belgique accrédité en République démocratique du Congo (RDC) pour lui exprimer la totale désapprobation de cet acte et exiger la libération immédiate de l’étudiant. Félix Tshisekedi avait également insisté sur la nécessité de rappeler aux autorités belges d’assurer, par devoir de réciprocité, un meilleur traitement aux citoyens congolais qui arrivent sur leur sol comme la RDC le fait pour les citoyens belges.

Pas un cas isolé

Pour sa part, Ecolo , le parti écologiste belge, a estimé que le respect des voies légales ainsi que les démarches administratives édictées par les lois constituent la méthode qui doit être respectée pour avoir accès au territoire belge.  « Ces démarches, Junior Masudi Wasso, étudiant originaire de la République Démocratique du Congo, régulièrement inscrit à l’Université Catholique de Louvain, les a respectées en obtenant un visa étudiant qui court jusqu’au 22 mars 2022. Malgré ce respect de la loi, il a été arrêté aux frontières par la police aéroportuaire et enfermé en attente de son expulsion. Les policiers, après l’avoir soumis à un interrogatoire sur ses connaissances académiques ainsi que sur le réseau de mobilité menant à son université, les ont jugées insuffisantes. Pour la police, le motif de son voyage était dès lors suspect et la procédure d’expulsion a été enclenchée. Le cas de Junior ne serait pas isolé selon les témoignages des organisations de la société civile », indique le communiqué d’Ecolo.

Initier un débat démocratique

Le parti politique belge rappelle que selon la loi, il est établi que l’obtention d’un visa ne donne pas automatiquement accès au territoire belge et que les policiers ont le droit de contrôler les arrivées aux frontières. Néanmoins, indique Ecolo, le contenu, l’étendue ainsi que le caractère proportionné de ces contrôles posent question et doivent être soumis à un débat démocratique au sein du parlement. « En effet, l’obtention d’un visa étudiant nécessite souvent des mois de démarches administratives contrôlées avec exactitude par les autorités administratives. Ces démarches coûtent des centaines d’euros aux requérants, un montant très élevé au regard des moyens dont disposent certaines familles. Avec le cas de Junior Masudi Wasso, Ecolo appelle à poser ce débat de manière sereine afin d’éviter que d’autres étudiantes et étudiants se retrouvent dans le même cas à l’avenir. Il faut également éviter la montée d’un sentiment d’injustice au sein de la population qui risque de fragiliser les démarches légales d’accès au territoire. Les parlementaires écologistes interviendront dans différents parlements – fédéral et de la Fédération Wallonie-Bruxelles – pour interroger les membres des gouvernements compétents », a fait savoir Ecolo, tout en précisant être contre l’enfermement des enfants et contre l’enfermement des étudiantes et étudiants, surtout quand les voies légales ont été respectées.

Le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration sera interrogé en commission

Pour sa part, le 3 octobre, le Conseil des recteurs francophones de Belgique (Cref), dans un communiqué, avait déclaré solliciter le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration, Sammy Mahdi pour qu’il fasse usage de son pouvoir discrétionnaire en faveur de Junior Masudi Wasso. « Les recteurs et rectrices des universités francophones, suivant en cela la position de l’UCLouvain, dénoncent cette privation de liberté. Ils s’insurgent contre la volonté d’expulsion de cet étudiant et espèrent vivement que le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration fera usage de son pouvoir discrétionnaire pour permettre à Junior Masudi Wasso de poursuivre sereinement ses études en Belgique », indique le communiqué.

Quant au président du parti politique d’opposition Démocrate fédéraliste indépendant, le député François De Smet, qui s’est réjoui de la libération de Junior Masudi Wasso, il a fait savoir qu’il interrogera, en commission, le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi.

De son côté, le parti socialiste bruxellois s’était également interrogé sur les motifs allégués par l’administration belge pour refuser l’entrée de Junior Masudi en Belgique. « Les raisons d’incohérences nvoquées par l’Office des étrangers pour cette arrestation dans les réponses qu’il aurait apportées lors de son interrogatoire ne peuvent en aucune manière justifier la situation de détention actuelle et la deuxième tentative d’expulsion de ce jour« , ont souligné les socialistes, le 3 octobre, après la deuxième tentative d’expulsion de Junior Masudi à l’aéroport de Zaventem. L’étudiant congolais s’était opposé à cette deuxième expulsion et une vingtaine de personnes étaient présentes le même jour à l’aéroport de Zaventem afin de sensibiliser les passagers du vol pour Kinshasa dans lequel devait être mis Junior Masudi Wasso.

La rédaction

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