Brazzaville : un jeune restaurateur accablé de dettes se donne la mort

 Brazzaville : un jeune restaurateur accablé de dettes se donne la mort

Son histoire provoque de l’émoi et de la colère chez certains. Un jeune entrepreneur étouffé par la crise économique, les dettes et le harcèlement policier a finit par se tuer en consommant du poison contre les souris. Sa mort a été confirmée ce mardi 21 décembre au CHU de Brazzaville.

Le suicide n’était pas autrefois dans les mœurs des Congolais. Mais la situation actuelle du pays et les conditions de vie ont donné des idées suicidaires à certaines personnes qui ont choisi de partir plutôt que de rester dans une souffrance continuelle.

D’après une source, le jeune entrepreneur était propriétaire d’une startup de restauration et avait une dizaine de salariés à son compte. Sa structure, implantée non loin de l’aéroport international Maya-Maya, avait fini par conquérir certains clients. Mais hélas, la police le menaçait de déguerpir.

Ajoutés à cela d’énormes dettes. En effet, le jeune entrepreneur avait pris deux prêts d’une valeur globale de 10 millions auprès des banques locales la Mucodec et la Cofina. Prêts qui étaient en cours de remboursement. Monsieur X devait également deux mois de salaires impayés à ses employés.

Ce qui aurait précipité la descente aux enfers du jeune entrepreneur, c’est aussi le harcèlement policier et fiscal dont il est victime. Des policiers lui auraient à plusieurs reprises sommé de quitter le bord du goudron qu’il occupait depuis quelques années et où il avait déjà fidélisé des clients.

D’après une source, les problèmes de monsieur X ont débuté lorsqu’il a été visité par une patrouille de la police, l’obligeant à déguerpir, pour occupation anarchique d’une voie publique. Mais le jeune entrepreneur opposait à cette opération un document de la mairie centrale lui donnant droit de s’y installer et d’exercer.

Monsieur X payait ses taxes. D’après une source, il aurait récemment avancé 30.000 francs CFA au bureau des impôts de Bacongo, sur les 130.000 qui lui ont été demandés. Le journaliste Arsène Séverin avait entrepris une démarche pour aider le jeune homme :” dans ses déboires, je l’ai reçu deux fois dans mon bureau pour discuter de cette affaire. Je l’avais mis au contact avec un haut cadre du ministère des Petites et moyennes entreprises qui avait accepté de suivre son dossier. Apparemment, tout était rentré dans l’ordre. Une autre autorité avait intercédé en sa faveur afin que la police ne repasse plus le harceler. Mais lui n’a pas retrouvé ses esprits. Le choc a été top grand”.

Le défunt aurait même fait une crise de nerfs et aurait passé deux semaines au service psychiatrique du Centre Hospitalière et Universitaire de Brazzaville (CHU),toujours selon notre source.

Les autorités congolaises encouragent les jeunes à se lancer dans l’entreprenariat, mais la réalité sur le terrain est tout autre chose. Le manque de moyens d’accompagnement, les nombreuses taxes imposées, le harcèlement policier et fiscal obligent certains jeunes entrepreneurs à rebrousser chemin.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.