Concert annulé de Werrason au Zénith : les combattants jubilent

 Concert annulé de Werrason au Zénith : les combattants jubilent

Le commandant Esso, un des plus effrontés et radicaux des « opposants » de la diaspora congolaise parmi ceux qui se sont jurés d’empêcher tout concert de leurs compatriotes en Occident, en Europe particulièrement, s’est targué d’être à la base, lui et ses compères, de l’interdiction dont est frappé le show reprogrammé le 25 septembre.

« Le retour du roi » au Zénith de Paris n’aura finalement plus lieu après trois reports successifs. Annoncée le 20 septembre, l’interdiction du concert prévu pour le 25 septembre par la préfecture de police tient au « risque sérieux que des éléments, parmi les opposants radicaux congolais de la diaspora congolaise », munis de leurs billets obtenus à la régulière, s’introduisent dans la salle et s’en prennent à l’artiste.

Les propos du commandant Esso, qui font le tour de la toile depuis la matinée du 21 septembre, le confirment. Déterminé à en découdre coûte que coûte avec Werrason pour qui il n’a du reste que très peu de considération et aucune estime, l’ami de Boketshu 1er a fait une adresse personnelle au roi de la forêt d’un ton bien arrogant comme à son habitude. « Werrason, koluka ndoki mosika te, bandoki eza biso », a-t-il affirmé face à la caméra. En d’autres termes, il affirme, au nom des « siens »  : « Nous sommes les auteurs de ce mauvais sort, n’en cherche pas d’autre ! »

C’est donc résolument pour des raisons sécuritaires que cette décision radicale a été prise par la préfecture de police. Elle a, en effet, fait savoir, dans l’arrêté publié le 20 septembre, que le concert de Werrason au Zénith « suscite une mobilisation croissante chez les opposants radicaux congolais de la diaspora installés en France et dans les pays voisins européens ». Ces derniers, qui d’ordinaire s’identifient sous l’étiquette de « combattants », « ont déposé plusieurs déclarations de manifestations pour le 25 septembre aux abords du Zénith ». Ce, « avec l’intention d’en découdre avec les spectateurs du concert et de créer des désordres à l’intérieur et à l’extérieur de la salle de concert ». Le commandant Esso, tel un chef de meute, vient de confirmer avoir réussi à « bloquer le concert », rappelant que, dès le départ, il n’en s’était pas caché. « Nous avions clairement dit que ce concert n’aurait pas lieu », a-t-il soutenu.

Le forcing de Fally Ipupa a coûté cher

Par ailleurs, le combattant débridé a souligné que le forcing de Fally Ipupa, évoquant son show de l’an dernier à l’AccordHôtels Arena émaillé de violence, n’a pas arrangé les choses, au contraire. En effet, la préfecture de police y a également fait référence dans son argumentaire justifiant son interdiction. Savoir qu’El Maravillosso, au même titre que Werrason, est considéré comme proche du pouvoir et que, pour cette raison, tous deux font face aux mêmes groupes d’opposants radicaux. Il est compréhensible que pour cette fois, Paris se réserve le droit d’assurer ses arrières afin d’éviter les dommages causés à la suite du tour de force de Fally. Car ces violents incidents du 28 février 2020, qui avaient alors défrayé la chronique à l’échelle internationale, s’ils n’avaient certes pas réussi à empêcher la prestation de la star africaine, à la suite de l’important dispositif sécuritaire déployé aux alentours de la salle, la veille, elle en avait tout de même payé un lourd tribut. « Les troubles graves à l’ordre publics » déplorés, comme l’a rappelé la préfecture, étaient la cause de sérieux dégâts. L’on avait répertorié « 44 véhicules particuliers, 132 deux-roues et 4 utilitaires dégradés par incendie ». Et, à la suite de ce triste événement soixante personnes ont été interpellées.Ekandji Essome, dit Commandant Esso fier d’avoir réussi à faire interdire le concert de Werrason au Zénith (DR)

En sus, comme l’a souligné le préfet de police Didier Lallement, Werrason a pour sa part, à plusieurs reprises, déjà « fait l’objet de violentes contestations à l’annonce de concerts en France qu’il a finalement annulés face aux menaces de troubles, notamment les 19 février et 26 mars 2011, respectivement à l’Elysée Montmartre à Paris 18e et au Théâtre du Gymnase à Paris 10e ».

Il semble que cette référence à des annulations datant de dix ans à présent soit tout à fait légitime. S’il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis une décennie, les combattants, eux, ont prouvé qu’ils n’avaient pas faibli entre temps. Toujours aussi déterminés, si pas plus, qu’il y a une décennie, s’emploient corps et âme à empêcher toute prestation de musiciens congolais qu’ils tiennent pour des vendus. Si leur tentative de l’an dernier s’est soldée par un échec, ils ont au moins obtenu que le raz-de-marée soulevé a rendu frileuse l’autorité parisienne qui n’a pas vu l’intérêt de voir les événements déplorables de l’an dernier se répéter. Aussi, comme le soutiennent les combattants, nul ne peut se dresser en obstacle à leurs funestes desseins. Aux fans de Wenge musica maison mère, il ne reste plus qu’à se faire rembourser leurs billets à leurs points d’achats.

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