Concession du réseau fibre optique : Le triomphe des escrocs

 Concession du réseau fibre optique : Le triomphe des escrocs

Depuis 1959, date de la création de la Fondation de l’enseignement supérieur en Afrique centrale (FESAC) jusqu’aux années 60, le Congo avait toujours produit des générations d’intellectuels de haut rang. Mais depuis l’arrivée au sommet de l’état des révolutionnaires du PCT en 1969, notre pays connait une déchéance insupportable du niveau de ceux qu’on appelle de façon abusive « cadres ».

L’affaire de la concession du réseau de fibre optique à la société Yao Corp Sa, une société inconnue dans le monde entier, créée de bric et de broc dans un coin de table à Mpila pour siphonner le trésor public congolais et appartenant au petit-fils du Président Sassou Nguesso, M. Omar Denis Junior Bongo Ondimba, est une illustration de cette médiocrité qui, au fil du temps, est devenue maladive et contagieuse. Quand on pense que les acteurs qui sont à la manœuvre dans cette sordide imposture, inoculent depuis des années, des doses de sottises aux étudiants de l’Université Marien Ngouabi, il est à craindre qu’ils produisent à leur tour, des générations de cancres.

Dans quel pays pourrait-on imaginer que trois (3) ministres : Gilbert Ondongo (ministre d’État chargé de l’économie, de l’industrie et du portefeuille public), Léon Juste Ibombo (ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique) et Serge Blaise Zoniaba (ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique), s’unissent dans la bêtise pour offrir une partie des biens de l’état congolais au rejeton du Président de la République ?

L’article 125 de la constitution de 2015 stipule que la loi détermine les principes fondamentaux dans le domaine des télécommunications. Ce qui veut dire que toute transformation majeure dans ce domaine qui est vital et stratégique pour l’économie et la sécurité nationale, doit se faire par la loi.

Dans le cas d’espèce, c’est donc le parlement qui devait se prononcer sur un texte de loi proposé par le gouvernement, après une phase d’arbitrage et d’une adoption en conseil des ministres.

C’est seulement à la suite de ce processus que le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, M. Léon Juste Ibombo, devait lancer un appel d’offre concernant ladite concession.

Le Ministre Léon Juste Ibombo peut-il dire aux congolais pourquoi a-t-il concédé le réseau de fibre optique à M. Omar Denis Junior Bongo Ondimba sans avoir respecté les dispositions mentionnées ci-dessus ?

Le Ministre Ibombo peut-il dire aux congolais pourquoi avoir fait cette offrande à la société Yao Corp Sa, une société dont le Ministre Ganongo ignorait l’existence il y’a à peine un mois (voir courrier en pièce jointe) ?

Il y’a lieu de s’interroger sur la part de responsabilité du Président de la République et celle du Premier ministre dans ce qui apparait aux yeux de tous comme une vente à la découpe d’un pays à l’agonie.

Rien ne se fait dans ce pays pour garantir l’orthodoxie financière.

Comment se fait-il que M. Ludovic Ngatse, Ministre Délégué au Budget, celui qui nous a vendu l’idée farfelue du Club de Brazzaville qui devait lever 300 milliards de F CFA, ait été jusqu’en 2020, commissaire aux comptes de BGFIBank Congo, une banque dont 5 % des part sont détenues par la société Yao Corp Sa appartenant à Omar Junior Denis Bongo Ondimba ?

Cela veut tout simplement dire que nous travaillons aujourd’hui pour le grand-père, demain nos enfants travailleront pour le petit-fils. Encore une preuve que les congolais soient devenus des employés de la famille Nguesso.

Il convient tout de même de souligner que M. Sassou Nguesso et ses différents ministres agissent comme si le pays était leur propriété. Même l’ancien Président Tunisien Ben Ali qui avait placé toute sa famille au sommet de l’état n’agissait pas avec autant de bâfrerie.

Tous ces irresponsables sont-ils conscients que le pays est totalement ruiné ? J’en doute.

Aussi, pourquoi vouloir dépouiller M. Yves Castanou (Directeur General de Congo Telecom de la partie la plus intéressante de son activité, lui qui a fait ses preuves en matière de management à l’ARPCE), au détriment de M. Omar Junior Denis Bongo Ondimba, qui n’a même pas essayé d’obtenir la gestion de la fibre optique au Gabon (activité confiée à Gabon Telecom), pays dirigé par son frère Ali Bongo Ondimba.

Même si on peut comprendre qu’il est difficile pour nos gouvernants de masquer leurs carences et leur incompétence, de grâce nous leurs prions de ne pas émailler notre quotidien de tant d’incurie, d’ânerie et de médiocrité.

Que Dieu bénisse le Congo.

Laurent DZABA
Président du Mouvement Panafricain et Citoyen

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