De la prison au mythe: à Kisangani, la famille de Lumumba sur les traces de son combat politique

 De la prison au mythe: à Kisangani, la famille de Lumumba sur les traces de son combat politique

En RDC, Kisangani continue de rendre hommage à la dépouille de Patrice Lumumba. Le cercueil du premier Premier ministre congolais se trouve toujours place de la Poste où les cérémonies ont lieu dans cette ville qui marque le début de son combat politique. La délégation s’est donc rendue dans des lieux symboliques, notamment la prison où Patrice Lumumba a été détenu avant l’indépendance.

C’est le combat politique de Lumumba qui a été largement salué ce samedi, celui qui a conduit le Congo à son indépendance en 1960. Un combat qui est né à Kisangani où Patrice Lumumba a rejoint le MNC, le Mouvement national congolais.

C’est aussi à Kisangani que s’est construit le mythe Lumumba. Et pour Alphonse Maindo, professeur à l’université de Kisangani, son engagement trouve racine en partie lors de ses deux séjours dans la prison de la ville : « Ces passages en prison ont constitué un mythe pour lui, mais ils ont aussi été le déclencheur pour faire de lui un grand homme. On l’a arrêté, on l’a martyrisé et il est passé aux yeux des autres pour une victime, pour un martyr et donc ça a contribué à en faire un grand homme pour ici. C’est pourquoi, c’est fondamental de visiter cette prison pour voir où il a fait ses premières nuits de détention. »

Une prison où se sont rendus les officiels, mais aussi la famille de Patrice Lumumba pour un moment très particulier. Si la cellule dans laquelle il a vécu à l’époque a été sanctuarisée, le reste de la prison est toujours occupé. C’est donc sous les regards et les chants de détenus que la délégation a découvert ce lieu qui a inspiré ses combats.

L’entré de la prison de Kisangani où Patrice Lumumba a été incarcéré à plusieurs reprises, le 25 juin 2022. © Paulina Zidi/RF

Pour les petits-enfants, une plongée dans les racines

La visite a beaucoup marqué ses petits-enfants. Ils sont là depuis le premier jour de ce voyage, depuis Bruxelles. Tous n’ont pas pu faire le déplacement, mais une bonne partie de cette troisième génération de Lumumba est présente. Ils s’apprêtent désormais à se rendre à Shilatembo près de Lubumbashi, là où leur grand-père a été assassiné.

Pour Yema, c’est une étape indispensable de ce voyage : « Je pense que ce sera très fort en émotion, c’est une page du Congo que l’on va revisiter à travers le fait que l’on revisite notre histoire personnelle et notre histoire familiale. Ça va être très fort en symbole. C’est un peu une envie d’en savoir plus, de la curiosité de qui me pousse à avoir envie de connaitre la vérité, de la sentir dans ma chair. Ça crée aussi un peu de colère, beaucoup de tristesse forcément. »

De la tristesse, de la douleur, mais aussi une grande responsabilité de porter ce nom de Lumumba pour Amaury, l’un des petits-fils : « Ça nous inspire parce que nous sommes dans un pays avec des inégalités sociales qui sont désolantes et je pense que lorsque l’on est bien nés, on a à titre personnel une dette morale envers son pays, envers le reste de la population. Cette dette ne doit pas nécessairement se traduire par un combat politique, mais elle peut se traduire aussi par l’exemplarité. »

De l’exemplarité et de la dignité pour ces jeunes gens qui ont finalement fait de ce voyage une plongée dans leurs racines congolaises.

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