Décès et inhumation à Brazzaville de l’artiste Chairman Jacques Koyo

 Décès et inhumation à Brazzaville de l’artiste Chairman Jacques Koyo

Le corps sans vie en état de décomposition du « bulldozer » de la musique congolaise, Chairman Jacques Koyo, a été retrouvé, le 21 septembre, dans sa chambre à coucher à Talangai, le sixième arrondissement de de Brazzaville. Sitôt après, le créateur de la danse « Engondza » a été inhumé au cimetière du Centre-ville, en présence du ministre de la Culture et des Arts, Dieudonné Moyongo. 

D’après les témoignages des voisins immédiats, le « Paka-Paka » de la musique congolaise a rendu l’âme depuis le 16 septembre, à l’âge de 71 ans. C’est le dernier jour que les voisins l’ont vu ainsi que ses proches. Très tôt la matinée du 21 septembre, sa mort a été constatée suite à la décomposition du corps. Et pourtant, l’illustre artiste vivait dans une même pièce avec son quatrième enfant majeur.  

Sitôt informé, le ministre de la Culture et des Arts, Dieudonné Moyongo, est descendu sur les lieux tout comme l’administrateur maire de l’arrondissement 5 Ouenzé, Marcel Ganongo, et quelques opérateurs culturels dont Beethoven Henri Germain Yombo, ainsi que l’Union des musiciens congolais (UMC) conduite par son président Magloire Bongili, dit Pape God. Constatant l’état de décomposition du corps de l’artiste par les services d’hygiène et de la sécurité présents sur les lieux, il a été décidé de l’inhumer le même jour. Mais dans quelles circonstances est-il décédé ? Est-ce d’une mort normale ou d’un acte crapuleux ? L’enquête a été ouverte.  A propos, le ministre de la Culture et des Arts a déclaré : « Pour le moment, on ne peut pas donner les vraies raisons de sa mort. Une enquête a été ouverte et la presse sera informée une fois que nous saurons ce qui s’est passé ».  Très ému, Dieudonné Moyongo a adressé ses vives condoléances à tous les mélomanes qui aimaient la musique de Chairman. « Sa musique valorisait la tradition. Il a fait des recherches pour élever la tradition congolaise par la chanson et la danse. C’est une perte énorme pour notre musique, c’est aussi une perte énorme pour les musiciens congolais. Nous adressons nos condoléances à la famille éprouvée et à la famille musicale », a-t-il indiqué. 

Ce qui montre que Chairman Jacques Koyo était quelqu’un de bien,  a fait savoir le ministre, c’est le fait qu’à peine sa mort annoncée, ses amis musiciens, karatékas, les promoteurs culturels et les autorités se sont tous rendus à son domicile. Dieudonné Moyongo a reconnu la valeur de l’illustre artiste disparu. « Notre présence ici est une reconnaissance de la nation pour tout ce que Chairman Jacques Koyo a fait pour la musique congolaise », a-t-il déclaré.

Le président de l’UMC, Pape God, s’est dit indigné. « C’est triste pour nous, parce que c’était lui qui présidait l’UMC au niveau de la ville de Brazzaville. C’est vraiment triste qu’il nous quitte dans de telles circonstances. Chairman Jacques Koyo a beaucoup apporté dans la musique congolaise. C’est un artiste qu’on ne devait pas inhumer comme ça. L’UMC va se retrouver pour voir ce qu’il y a lieu à faire », a-t-il assuré

Concernant les circonstances de sa mort, Zadio, l’un des artistes musiciens, chanteur et compositeur de son orchestre depuis 1989, s’est dit très consterné. « Je n’arrive pas à parler. On a trouvé mon président mort dans la chambre. Le corps était déjà en état de décomposition. D’après les voisins qui l’ont vu pour la dernière fois, il aurait rendu l’âme depuis le jeudi 16 septembre. Il vivait avec son quatrième enfant qui a été interpellé pour des raisons d’enquête puisque la police est venue constater les faits », a laissé entendre le musicien.

Chairman Jacques Koyo- « génie du siècle »

Le bulldozer de la musique congolaise s’est fait appeler « génie du siècle » après avoir raflé le titre de meilleur artiste musicien et meilleure vedette sept ans durant. Sa chanson « MJ Alembi » demeure l’un des meilleurs morceaux de sa riche discographie, accompagnée de la danse « Engondza » tirée de ses origines paternelles. Une danse qui a traversé les frontières congolaises et africaines pour être brillamment reprise dans la mythique salle du Zénith de Paris et l’Olympia par l’orchestre Quartier Latin de Koffi Olomidé, en 1998.   

Fortement médiatisé courant sa période faste, Jacques Koyo avait à l’époque comme adversaire scénique Rapha Bounzeki. Le 11 mai dernier à l’occasion de la célébration du treizième anniversaire de la mort de ce dernier, Chairman Jacques Koyo, président de l’UMC du département de Brazzaville, présent au cimetière du Centre-ville pour lui rendre hommage, était revenu sur les temps forts de leurs compétitions scéniques. « Rapha Bounzeki et moi, c’était une concurrence loyale. C’était comme Diables noirs et Etoile du Congo. Quand nous nous produisoins sur la même scène, lorsque Rapha passait toute la partie sud, donc de Diables noirs, applaudissait, et lorsque je montais sur scène, toute la partie nord, donc de l’Etoile du Congo, m’applaudissait. L’autre fait marquant, lorsqu’il montait sur scène, il y avait toujours des piques du genre « Ya manuana » en lari, qui signifie en français « le bagarreur », parce que je prenais des prises de karaté dans mes danses. Cela me mettait mal à l’aise. Avec Rapha Bounzeki, nous avions une concurrence loyale qui propulsait la musique congolaise », avait-il laissé entendre.

Médaillé d’or à Dakar (Sénégal) en 1984, Me Jacques Koyo a dirigé également la Fédération congolaise de karaté avant de se lancer dans la musique à la fin des années 1980. Il est né le 11 janvier 1950 à Makoua, dans le département de la Cuvette.  

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