Ex combattants : De réelles avancées dans la réinsertion

 Ex combattants : De réelles avancées dans la réinsertion

La consolidation de la paix et l’assise du processus DDR dans le Département du Pool sont désormais des réalités dont les résultats sont palpables. Aiguillé par la feuille de route édictée par le Président Denis Sassou N’Guesso, le Haut-commissariat à la Réinsertion des Ex-Combattants, avec l’appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux, mène un travail « titanesque ». Il peut se satisfaire des réelles avancées dans les objectifs d’un relèvement communautaire tant souhaité et recommandé au cours de plates-formes locales de dialogues et d’échanges intercommunautaires. Au seuil de la nouvelle année, nous nous sommes rapprochés du Ministre, Haut-Commissaire à la Réinsertion des Ex-Combattants, Euloge Landry Kolelas.

Les Échos du Congo-Brazzaville (LEC-B): Monsieur le Ministre, la consolidation de la paix a toujours été évoquée comme la condition fondamentale, préalable à tout investissement dans le long terme. Vous avez sillonné l’ensemble du Département. Peut-on désormais parler de la normalisation de la vie dans le Département du pool ?

Ministre, Haut-Commissaire à la Réinsertion des Ex-Combattants (M-HCREC): Sans ambiguïté, je peux l’affirmer et ceci est vérifiable tout simplement par la libre circulation des personnes, biens et services sur l’ensemble du Département, grâce à la paix et la cohésion sociale retrouvées. Aujourd’hui, les marchés de Brazzaville sont inondés par les produits agricoles de tout genre, en provenance principalement de ce Département.

LEC-B: Après les phases de désarmement et de démobilisation des ex-combattants, l’année 2021 a connu la pleine expansion des actions de réintégration économique. Comment cela s’est-il mis en chantier ?

M-HCREC: Permettez-moi de rappeler que la pacification du Département du Pool obéit à un processus méthodique, planifié et basée sur une approche communautaire, dans laquelle la réintégration économique occupe une place prépondérante, concernant la mise en œuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration dont le démarrage est encore attendu.

À ce jour, les actions qui se réalisent sur le terrain, se font dans le cadre de la nouvelle vision novatrice du programme de désarmement, démobilisation et réintégration. Cette vision voudrait que soient réalisées des actions préparatoires de terrain, dont la vocation est de poser les bases d’un bon démarrage de ce programme.

Les actions préparatoires de terrain qui se réalisent actuellement s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des projets d’appui au démarrage du programme de désarmement, démobilisation et réintégration, résultant du protocole d’accord entre le Haut-Commissariat à la Réinsertion des Ex-Combattants et l’Agence des Etats–Unis pour le Développement International (USAID) et du don du Fonds japonais par l’intermédiaire de la Banque Mondiale. Toutes ces actions préparatoires se matérialisent par le développement des activités génératrices de revenus (AGR).

LEC-B: Comment définir le projet Bissalu bia kidzunu, autrement dit les activités découlant de la paix. Quelles ont été les principales interventions et qu’est ce qui a motivé le choix ?

M-HCREC: Le projet «Bissalu bia kidzunu » découle du protocole d’accord entre le Haut-Commissariat à la Réinsertion des Ex-Combattants et l’Agence des Etats–Unis pour le Développement International (USAID).

Mis en œuvre par Catholic Relief Services (CRS), Partenaire Opérationnel, le projet « Bisalu bia Kidzunu » a pour vocation de contribuer à la consolidation de la paix dans le Département du Pool à travers une thématique essentielle, notamment, le renforcement de la cohésion sociale.

Les principales interventions du projet ont consisté en la sélection de vingt (20) villages dont dix (10) dans le district de Kindamba et dix (10) pour Mayama. En la tenue des compagnes de sensibilisation relatives au renforcement de la cohésion sociale en vue du développement des AGR.

LEC-B : Outre l’action nationale, comment se coordonne l’apport des institutions internationales et autres partenaires pour ces projets en 2021 ?

M-HCREC: Les projets qui s’exécutent actuellement sont sous tutelle du Haut-Commissariat à la Réinsertion des Ex-Combattants. Ainsi, le Haut-Commissariat et les différents partenaires ont des équipes de concertation ou des comités techniques pour la coordination des interventions sur le terrain.

LEC-B : Le Projet d’Appui à la promotion des moyens de Subsistance Durables (PASD) s’est consolidé avec les programmes de Réinsertion et d’appui à la promotion de la création d’emplois. Un véritable tournant !

M-HCREC: La mise en œuvre du PASD constitue effectivement un véritable tournant dans le processus de consolidation de la paix et à la promotion de la création d’emplois. En effet, ce projet a permis d’explorer une expérience inédite ayant débouché sur la formalisation et le financement de 194 groupements basés sur 2029 ménages et 120 groupements mixtes, composés essentiellement de jeunes et femmes, dans les localités de Linzolo et Koubola (district de Goma tsé-tsé), Yalavounga (Commune de Kinkala), Yangui (district de Kinkala), Missafou (District de Mindouli) et Maténsama (Commune Urbaine de Mindouli).

Le financement de ces groupements s’est fait sur la base des plans d’affaires dûment validés et dont les principales activités retenues ont porté sur : le maraîchage, la culture du manioc, la pisciculture, l’élevage porcin, l’aviculture, le commerce, l’artisanat et la pêche.

LEC-B : A la vue de ces groupements qui désormais ravitaillent les marchés de Brazzaville de leurs produits agricoles, quel est votre sentiment, vous qui, au nom du Président de la République, ne cessiez de rappeler aux ex-combattants ces mots de la Bible: « transformez vos épées en socs de charrues ».

M-HCREC : Je dirai que les groupements, soutenus par le Haut-Commissariat à travers les projets sous tutelle, contribuent en partie au ravitaillement des marchés de Brazzaville. C’est un sentiment de satisfaction qui m’anime en cette période de préprogramme DDR et je suis sûr que la mise en œuvre de ce grand programme permettra de créer de grands foyers d’approvisionnements en denrées alimentaires, agricoles et autres de la ville de Brazzaville, pourquoi pas des autres localités du pays, du moment que la production sera exponentielle.

LEC-B : Les actions de développement se mènent désormais en synergie avec la sauvegarde de l’environnement. Cela implique un travail sur les mentalités dans un Département où la coupe des arbres pour la confection des fours pour la production du charbon est une activité pratiquement inscrite dans les mœurs. Quelles sont les actions menées dans ce sens ?

M-HCREC : Dans les documents de projets sous tutelle au Haut-Commissariat, une attention particulière est accordée aux risques et impacts environnementaux éventuels, y compris ceux sur l’environnement (air, eau et sol), la santé, la sécurité humaine et les ressources culturelles et physiques. Tenant compte de la présente exigence, il est mis place dans chaque projet, un responsable en charge de la gestion environnementale et sociale.

Ainsi que vous le dites, nous travaillons à changer des mentalités fortement enracinées dans la population, en apportant des approchent nouvelles, dans la gestion des écosystèmes. C’est un travail de longue haleine certes mais nous en percevons déjà de réels frémissements, tant les nouvelles approchent sont adoptées par les populations.

LEC-B: Beaucoup a été fait, beaucoup reste également à faire, au regard des besoins initiaux répertoriés. Quel bilan dressez-vous pour l’année 2021 ?

M-HCREC : Certes, les besoins initiaux répertoriés sont énormes, le bilan des activités du Haut-Commissariat avec l’appui de nos partenaires est globalement satisfaisant du fait que la plupart de nos projets en cours s’exécutent normalement, comme je l’ai déjà évoqué plus haut. Aussi, cette position est-elle confortée par les nombreux contacts noués avec les nouveaux partenaires qui augurent de bonnes perspectives.

LEC-B: Monsieur le Ministre, au plan purement personnel et familial, l’année 2021 a été pour vous, une année d’épreuves, entre deuil et attaques contre votre personne. Pourtant vous demeurez stoïque et gardez le mutisme au point que cela dérange certains.

M-HCREC : En politique ou en famille, je reste fidèle à moi-même conformément à mes convictions.

LEC-B: Comment se porte le MCDDI votre parti. Comment s’organise-t-il pour les scrutins à venir?

M-HCREC : Le Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral se porte bien et prépare les scrutins à venir avec sérénité à l’instar des autres forces politiques.

LEC-B: Y aurait-il un aspect que vous aimerez évoquer et que nous n’aurions pas abordé ?

M-HCREC : Au début de cette année 2022, je lance un vibrant appel à tous nos militants et sympathisants où qu’ils se trouvent, à s’impliquer dans la vie du parti et à s’accepter mutuellement malgré nos divergences.

LEC-B: Un message ?

M-HCREC : J’encourage la Rédaction des Échos du Congo-Brazzaville à demeurer fidèle à son sens de liberté et surtout son professionnalisme. Je puis vous dire que vous donnez à tous la preuve qu’un médias en ligne peut aussi se hisser à cette dimension toute aussi prestigieuse que respectable. Tant dans le traitement de l’actualité que dans vos analyses, il se lit le sérieux des hommes et des femmes outillés dans le métier. Ce n’est pas superflu de le relever.

Je souhaite à tous, mes meilleurs vœux de bonheur, de prospérité, de santé et de réussite dans toutes vos entreprises.

Propos recueillis par Bertrand BOUKAKA et Jarele SIKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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