Faut-il garder ces institutions budgétivores en ces temps de crise économique?

 Faut-il garder ces institutions budgétivores en ces temps de crise économique?

Conseil national du dialogue permanent, Comité de suivi des recommandations du dialogue national de Sibiti 2015, Conseil consultatif des sages et des notabilités traditionnelles, Mediateur de la République, Conseil national de la jeunesse, Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap, Conseil consultatif des femmes, Haut commissaire à… Où le Congo trouvera t-il les moyens financiers, en ces temps de crise économique, pour supporter les charges liées au fonctionnement optimal de ces institutions? »

La question avait été posée en 2015 à Anatole Collinet Makosso. C’était au cours d’une interview qu’il nous avait accordée pour le compte de Jeune Afrique Economie et Terrafrica.

En sa qualité de l’une des égéries du pouvoir qui a contribué à la rédaction de la constitution de 2015, le membre du bureau politique du PCT n’y était pas allé du dos de la cuillère pour affirmer(naïvement ou politiquement ?)sans sourciller que  » nous avons assez d’argent pour faire fonctionner toutes ces institutions « .

Près de 6 ans après, notre question reste d’actualité. D’autant que les principaux indicateurs macroéconomiques du Congo sont quasiment soit à l’orange , soit au rouge. Où l’Etat congolais trouvera t-il de l’argent frais pour faire fonctionner la pléthore d’institutions constitutionnelles et les nouveaux postes créés à la Présidence comme à la Primature?

Gilbert Ondongo, le ministre des Finances de l’époque, s’autosatisfaisait déjà en lançant, d’un air infatué comme il sait le faire en hochant les épaules, « le Congo a beaucoup d’argent… » .

Pour la petite histoire, la Banque Mondiale avait recommandé aux autorités congolaises de « soigner la qualité de la dépense pour éviter les gaspillages », notamment sur les grands chantiers de construction des infrastructures sportives devant abriter les jeux africains à Brazzaville. Il n’en fallait pas plus pour que l’argentier congolais fustige ce rapport. Brazzaville a même brillé par un sans-gêne digne d’un chien qui écoute la musique. Comme pour éviter d’être en porte à faux avec les autorités congolaises, la Banque Mondiale a exigé aux rédactions des différents médias ayant pris part à l’atelier de restitution du rapport d’activités 2014 au Congo, d’en faire un black-out total.

Je n’avais pas pu compter le nombre de fois que la représentation de la Banque Mondiale au Congo m’avait appelé, par téléphone, pour que je ne révèle plus au grand public la teneur de ce rapport. « Je suis navré de ne pourvoir donner suite votre sollicitude. Voyez-vous, leur ai-je répondu, tout a déjà été envoyé à ma rédaction ». Une bonne esquive.
La question d’adaptation de la constitution de 2015 au contexte économique et financier, par ailleurs effleurée par Denis Sassou Nguesso, dans son discours d’investiture 2021, est-elle au centre des préoccupations des gouvernants? Collinet Makosso, à quelques jours de son 100ème jour à la Primature, tient-il solidement le gouvernail? Peut-être, est-il temps que le premier ministre, conformément à ses attributions, imprime sa marque dans le cadre de la lutte contre les gaspillages en temps de vaches maigres.

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