Filière avicole : lancement du projet « Soso po na moto nionso »

 Filière avicole : lancement du projet « Soso po na moto nionso »

Le directeur de cabinet de la ministre de l’Economie forestière, Pierre Taty, a lancé, le 10 mai à Brazzaville, le projet « Soso po na moto nionso » en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Eugene S. Young.

Financé par l’Agence des Etats-Unis pour le développement (Usaid) à hauteur de 3 800 000 000 FCFA et mis en œuvre par la Wildlife conservation society (WCS), le projet vise le développement de la filière avicole et la diversification des revenus des communautés vivant autour des aires protégées au nord du Congo, notamment à Ouesso. Ce, en vue de réduire les menaces pesant sur la biodiversité dans les forêts du nord du pays, précisément le commerce non durable de la viande de brousse. Pour une durée de cinq ans, « Soso po na moto nionso » est une solution durable qui permettra, entre autres, d’augmenter la production de volaille au Congo, de diversifier les moyens de subsistance de la population largement dépendante de la viande de brousse ainsi que les sources de protéines en milieu rural.

Selon l’ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Eugène S. Young, ce projet s’inscrit plus spécifiquement dans la vision du ministère de l’Economie forestière et se traduit dans sa boîte à outils, à savoir faire de la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles un levier de développement économique pour le bien-être des communautés. « Ce projet aidera les personnes pauvres et défavorisées à élever des poulets qu’elles pourront utiliser pour nourrir leurs familles et générer des revenus. Concrètement, le projet va identifier des personnes qui produisent, transportent et commercialisent déjà des volailles au nord du Congo pour réaliser un test de production massive des poulets à partir d’un don de 2 000 poussins d’une variété à haute production des œufs. Ces poussins seront donc redistribués à très faibles coûts aux autres personnes pour multiplication », a-t-il expliqué.

 « L’activité vise à promouvoir l’élevage des poulets et à créer plus de cinquante petites entreprises d’élevage de poulets pour le bénéfice d’au moins 1500 ménages au cours des trois prochaines années », a-t-il ajouté.

La directrice régionale adjointe de l’Usaid, Alisa Cameron, estime que ce projet d’élevage fait partie d’une stratégie globale qui lutte contre le braconnage et le commerce illégal de la viande de brousse. Il offre à la communauté locale une alternative qui contribuera à réduire la demande de la consommation de la viande de brousse et à diversifier les revenus.

De son côté, Richard Malonga, directeur générale de WCS, a signifié qu’à Ouesso, selon certaines données non publiées, 23% de la population mangent de la viande de brousse chaque jour ; 42% consomment le poisson d’eau douce et 12% de la volaille importée. L’engagement du WCS dans ce programme, a-t-il dit, vise à améliorer l’accès aux protéines animales de la population riveraine des aires protégées ; leur offrir des sources de revenus alternatives, susceptibles de réduire la pression de la chasse sur la faune sauvage.  « Ce programme s’appuiera sur le pouvoir du secteur privé de la République du Congo pour s’attaquer aux causes profondes des menaces qui pèsent sur la biodiversité dans les forêts du nord du Congo, en particulier l’exploitation non durable de la viande de brousse », a-t-il indiqué.

A son tour, Pierre Taty s’est réjoui du lancement de ce projet qui permettra la proposition du poulet de chair comme source de protéines alternatives à la consommation de la viande de brousse dans la zone d’intervention de la WCS. « Je voudrais féliciter le gouvernement américain qui, à travers l’Usaid, a initié et financé le projet « Soso po na moto nionso ». Nous avons donc bon espoir que les effets et impacts de ce projet se liront dans la zone de mise en œuvre du projet…Toutefois, la WCS se doit de tout mettre en œuvre en vue d’une appropriation du projet par les bénéficiaires et de relever les quatres défis assignés, à savoir  l’accès aux intrants,  aux marchés, la prévention des maladies, le choix des variétés … car la durabilité des impacts du projet en dépend », a-t-il déclaré.  

Notons que « Soso po na moto nionso » est l’un des projets inscrits sous l’accord de subvention pour l’objectif de développement signé en 2019 entre les Etats-Unis et le Congo.

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