France: nombreuses réactions après la condamnation de Nicolas Sarkozy

 France: nombreuses réactions après la condamnation de Nicolas Sarkozy

Cette deuxième condamnation pour l’ancien président Nicolas Sarkozy, à moins de sept mois de l’élection présidentielle où le parti Les Républicains espère atteindre le second tour avec un ou une candidate, est un coup dur pour la droite. Mais il n’est pas sûr que, dans les faits, l’ancien président perde l’influence qu’il a toujours sur sa famille politique ni sa popularité auprès des sympathisants de droite.

Coup de tonnerre pour Les Républicains. Nicolas Sarkozy a été une nouvelle fois condamné.

Sur Twitter, les barons de la droite expriment leur soutien et leur amitié à l’ancien président. Les candidats à l’investiture Éric Ciotti, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse par exemple.

La présidente de la région Ile-de-France se dit convaincue qu’il « se battra pour défendre son honneur. »

Christian Jacob, le président de LR, a quant à lui déclaré sur Twitter : « Après une décision de justice qui ne va pas manquer de choquer beaucoup de nos compatriotes, je veux témoigner en mon nom et au nom des Républicains notre affection, notre soutien à Nicolas Sarkozy, ainsi que notre immense fierté de l’avoir eu comme président de la République ». Une réaction partagée par Éric Ciotti, député LR et candidat à l’investiture des Républicains pour la présidentielle de 2022. 

« Même si Nicolas Sarkozy a du plomb dans l’aile, personne ne veut insulter l’avenir », résume un élu parisien. Car l’ancien président reste une figure tutélaire incontournable pour son camp, « une boussole pour la France », assure même sur Twitter Damien Abad, le chef de file des députés LR à l’Assemblée nationale.

Mais s’ils font front sur les réseaux sociaux, peu à droite répondent au téléphone pour s’exprimer. Signe sans doute d’une certaine gêne. Ce n’est pas la première fois que le parti doit réagir aux casseroles judiciaires de l’ancien chef d’État. Et nous sommes à moins de sept mois de l’élection présidentielle.

Olivier Marleix fait partie de ceux qui répondent. Il explique ressentir « beaucoup de tristesse pour Nicolas Sarkozy » et pour son pays. « Je trouve que l’image que donne cette décision de justice n’est pas glorieuse pour la France, et à titre personnel, c’est vraiment un sentiment d’injustice, parce que l’on poursuit Nicolas Sarkozy pour des faits sur lesquels il a déjà payé une amende, puisqu’il a déjà été condamné pour son dépassement de compte de campagne. Et surtout, on appelle ça, c’est une nouveauté, « financement illégal de campagne » alors qu’en fait, ce qui est illégal, c’est le dépassement du compte campagne qui aurait obligé l’UMP à aller chercher un financement supplémentaire. » Le député LR estime qu’il y a « beaucoup d’innovations de la part de la justice, sur les dossiers qui concernent Nicolas Sarkozy ».

Les Verts saluent la décision de justice

Dans le reste de la classe politique, autre son de cloche. Yannick Jadot, candidat Europe Écologie-Les Verts à la présidentielle de 2022, a déclaré face à la presse à Chambéry, où il effectue son premier déplacement de campagne : « Je ne commente pas les décisions de justice. Je comprends que Nicolas Sarkozy la commente. Mais on a vu le président de la République et des responsables politiques critiquer la justice. Si on veut une démocratie apaisée, notre objectif ne doit pas être de critiquer la justice, mais de l’aider à rester indépendante. »

Julien Bayou, le secrétaire national des Verts, prend, lui, moins de pincettes : « Il a triché pour être élu. La République s’honore de pouvoir juger les puissants. Il n’y a pas d’impunité dans ce pays. »

Pas sûr, pour autant, que la vie de Nicolas Sarkozy s’en trouve bouleversée. En faisant appel, il suspend, de fait, sa condamnation à un an de bracelet électronique. C’est déjà ce qu’il s’était passé, en mars dernier, après sa condamnation dans l’affaire Bismuth. Et depuis, cela ne l’a pas empêché d’être applaudi en meeting et de continuer de peser à droite.

Nicolas Sarkozy a eu beau nier avoir eu connaissance de fraudes, la présidente du tribunal a estimé qu’il avait été averti du dépassement du plafond légal pour son budget de campagne et qu’il avait malgré tout multiplié les meetings. Et pour cela, elle est allée plus loin que les réquisitions du parquet : un an de prison ferme.

Cette peine sera toutefois aménageable ; l’ex-président pourra rester chez lui sous surveillance électronique. Ses co-accusés pourront faire de même.

Contrairement à l’ex-chef de l’État, les anciens cadres de la campagne, du parti UMP devenu LR, et de la société Bygmalion, sont mis directement en cause pour le système de double facturation qui a permis de doubler les dépenses autorisées.

Guillaume Lambert, directeur de campagne, est condamné à trois ans et six mois de prison, dont deux ans avec sursis. Jérôme Lavrilleux, son adjoint, écope de trois ans de prison dont un avec sursis. Et Philippe Briand, qui présidait l’association de financement de la campagne, prend deux ans, dont un avec sursis.

La peine la plus faible, dans cette série de condamnations, atteint les 375 000 d’amendes.

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