Guerre en Ukraine: «En deux semaines, plus de 300 000 réfugiés sont arrivés en Moldavie»

 Guerre en Ukraine: «En deux semaines, plus de 300 000 réfugiés sont arrivés en Moldavie»

C’est l’exode le plus rapide depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de 2,5 millions de personnes ont déjà fui la guerre en Ukraine, deux semaines après l’invasion russe, selon l’ONU. Les agences humanitaires s’attendaient à ce que 4 millions de personnes fuient le pays au cours des six premiers mois de l’offensive, mais l’exode est tel que ces prévisions vont très certainement voler en éclats. Les pays voisins de l’Ukraine comme la Moldavie, peinent à faire face à cet afflux massif de réfugiés. On a joint Erno Simon, le représentant hongrois de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés actuellement en Moldavie.

Erno Simon, pourquoi avez-vous été envoyé en Moldavie ?

Erno Simon : La Moldavie est dans une situation particulière car elle n’est pas membre de l’Union européenne et c’est l’un des pays les plus pauvres d’Europe avec une population de 2 millions d’habitants. En deux semaines, plus de 300 000 réfugiés sont arrivés en Moldavie. Plus de 50% de ceux qui arrivent repartent rapidement vers d’autres pays voisins comme la Roumanie. Mais plus de 100 000 personnes sont toujours ici et c’est très compliqué de les loger, de les nourrir et de s’occuper d’eux. Donc, j’ai été envoyé ici temporairement. Avant cette crise, on avait qu’une personne ici. Aujourd’hui, on est plus de 30. Je dois l’admettre: c’est un énorme défi car la situation est vraiment imprévisible. Elle change d’heure en heure.

Quelle est la situation sur le terrain ?

Les réfugiés qui décident de rester sont bien accueillis. Il y a une solidarité et une compassion générale au sein de la population. Tout le monde essaie d’aider. En plus, il fait très froid en ce moment, -6 degrés et il neige. Il y a des milliers de personnes qui sont en train d’attendre dans le froid à la frontière pour entrer dans le pays. Ces réfugiés sont amenés dans des centres d’hébergements temporaires pour les premières 24-48h, où ils ont accès à l’eau, à la nourriture, au chauffage, etc. Beaucoup de familles accueillent aussi des Ukrainiens chez eux. Mais ce qui est encore plus important, c’est que la Moldavie a besoin d’aide extérieure. La Roumanie a accepté de créer un couloir humanitaire qui permettrait d’envoyer des réfugiés directement de la frontière moldave en Roumanie. Plusieurs bus ont ramené des centaines de réfugiés depuis jeudi, 10 mars, déjà. C’est un très beau geste de solidarité de la part de Bucarest envers le gouvernement et peuple moldave.

Donc vous êtes sur le terrain, vous travaillez directement avec les réfugiés. Qui sont-ils ? Qu’est-ce qu’ils vous racontent ?

On voit généralement que des femmes et des enfants arriver. On voit quelques personnes âgées ou en situation de handicap mais il n’y a pas d’hommes dans cette foule énorme. Les femmes arrivent sans leurs maris et les enfants sans leurs pères. Hier (jeudi), j’ai été frappé par une mère et ses deux enfants qui étaient à la frontière. Son fils de 4 ans pleurait très fort et tremblait. Je pensais que c’était à cause du froid mais sa mère m’a expliqué qu’il pleurait car il avait peur de ne plus revoir son père resté au pays.

Quelles sont les demandes principales de L’Agence des Nations unies pour les réfugiés ?

On voudrait lever encore plus de fonds pour pouvoir continuer à aider les réfugiés qui arrivent ici.  Mais la demande principale à tous les pays d’Europe, pas seulement les pays voisins, c’est qu’ils gardent leurs frontières ouvertes et continuent à exprimer leur solidarité envers ces réfugiés qui sont forcés de quitter leurs maisons et leurs villes afin de fuir cette violence et ce conflit.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.