Insécurité à l’Est de la RDC: Félix Tshisekedi estime que l’heure a sonné de casser à jamais le cycle infernal

 Insécurité à l’Est de la RDC: Félix Tshisekedi estime que l’heure a sonné de casser à jamais le cycle infernal

Sans ambages ni circonlocutions, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, du haut de la tribune de la 77e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, a dénoncé « avec la dernière énergie » l’agression dont son pays est aujourd’hui victime de la part du Rwanda, « sous couvert d’un groupe terroriste dénommé M23 ».

Décrivant le contexte sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le président Antoine-Félix Tshisekedi a livré tous les éléments censés permettre à la communauté des nations un meilleur décryptage de la situation sur le terrain. Une situation qui procède des effets pervers du terrorisme dont l’Afrique paie aujourd’hui un lourd tribut avec, à la clé, des expéditions barbares menées régulièrement par des terroristes sur la population innocente.   

Le chef de l’Etat a égrené ses efforts inlassables de paix déployés dans la région dès son avènement au pouvoir pour rétablir la paix et la sécurité, notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord et Sud-Kivu et ce, dans une approche de réconciliation avec les Etats voisins. Cependant, a-t-il fait remarquer, le mal sécuritaire continue à ronger la RDC, malgré la présence militaire massive des Nations unies au Congo et de son soutien diplomatique pendant deux ans. « En dépit de ma bonne volonté et de la main tendue du peuple congolais pour la paix, certains de nos voisins n’ont trouvé mieux que de nous remercier par l’agression et le soutien à des groupes armés terroristes qui ravagent l’Est de la RDC », s’est-il plaint, citant nommément le Rwanda comme pays agresseur via le Mouvement du 23 mars auquel il apporte un soutien massif tant en matériel de guerre qu’en hommes de troupes.

Le ras-le bol de Félix Tshisekedi

Ces révélations du président Félix Tshisekedi traduisent, pour ainsi dire, son ras-le bol vis-à-vis d’une crise sécuritaire devenue cyclique. « Nous, peuple congolais, sommes décidés, cette fois-ci, à mettre définitivement fin à l’insécurité à l’Est de notre pays, quoi qu’il en coûte », a-t-il lancé. Et d’ajouter : « L’heure a sonné de casser à jamais le cycle infernal de la violence à l’Est de la RDC pour stabiliser la Région des Grands Lacs (…) ».

Et pour éclairer la communauté des nations et mettre fin aux sempiternelles dénégations des autorités rwandaises à ce sujet, Félix Tshisekedi a réitéré la demande du gouvernement congolais faite au président du Conseil de sécurité de distribuer officiellement aux membres du Conseil le dernier rapport des experts des Nations unies sur la situation sécuritaire à l’Est de la RDC et de le faire examiner avec diligence par lui afin d’en tirer toutes les conséquences qui s’imposent sur le plan du droit de la paix et de la sécurité internationale.  

Quant au prétexte dont s’est toujours servi le Rwanda pour justifier ses incursions armées en RDC, à savoir la présence des FDLR sur le sol congolais, le président Félix Tshisekedi l’a balayé d’un revers de main. Il s’agit là d’un « alibi qui n’est corroboré par aucun fait avéré sur le terrain », a-t-il indiqué, notant au passage que « les FDLR ont été décapitées et réduites à néant par les FARDC, en étroite collaboration avec l’Armée rwandaise dans le cadre des opérations conjointes menées au cours de dernières années ». Qualifiant ce groupe armé de fantomatique, le chef de l’Etat a fait part de la disponibilité de son pays « pour toute action répressive contre tout groupe armé qui tenterait de troubler la paix et la sécurité dans un pays voisin et dans la région des Grands Lacs ».

La rhétorique défensive rwandaise vidée de sa substance !

En guise de recommandation, le président Félix Tshisekedi a exhorté l’Organisation des Nations unies (ONU) à  rendre effectif le retrait immédiat du M23 des localités occupées, et d’assurer le retour des déplacés Congolais de ces localités à leurs domiciles. Et plus, elle devrait veiller à la cessation sans condition du soutien de l’armée rwandaise à ce groupe terroriste, selon l’esprit et la lettre de la feuille de route de Luanda convenue entre la RDC et le Rwanda, et d’autres accords.

L’ONU devrait aussi s’employer à lever tout obstacle à la restructuration par la RDC de ses Forces armées et à la montée en puissance de celles-ci pour mieux remplir leurs missions régaliennes, notamment par la levée pure et simple de toutes les mesures restrictives de l’acquisition des équipements militaires, quelle qu’en soit la forme édictée par le Conseil de sécurité. Dans la foulée, le chef de l’Etat s’est insurgé contre tout discours de haine tribale, ethnique et raciale ou xénophobe dans son pays, tout en prônant l’unité nationale. « La RDC n’est pas et ne sera jamais génocidaire », a-t-il déclaré en substance. Et de réaffirmer haut et fort « la détermination du peuple congolais et de ses dirigeants de défendre toujours jusqu’au sacrifice suprême l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté de leur pays, dans le respect bien sûr du droit international et des engagements pris au sein des organisations internationales dont il est membre ».   

Le président Félix Tshisekedi a, en outre, appelé à la réforme de l’ONU qui semble battre de l’aile. Il a demandé la levée immédiate des sanctions contre la République du Zimbabwe et son peuple. Il a aussi évoqué les atouts dont dispose la RDC, un des principaux producteurs des minerais stratégiques essentiels à la transition énergétique, en termes de contribution à la mobilisation des alternatives crédibles à la double crise énergétique et écologique. Enfin, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts en cours tant au niveau international qu’à celui des États pour créer des espaces d’égalité du genre et des opportunités de liberté et d’action pour la femme.

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