Kassav’ : Jacob Desvarieux a créé une passerelle entre l’Afrique et les Antilles

 Kassav’ : Jacob Desvarieux a créé une passerelle entre l’Afrique et les Antilles

A la base guitariste, le chanteur décédé le 30 juillet a ramené dans le groupe les influences des musiques africaines dont il assuré certains arrangements, à l’époque où il était ingénieur de son et technicien de studio à Liancourt, en France.

Jacob Desvarieux, père du zouk mort à Pointe-à-Pitre, Guadeloupe (DR)« Le zouk a été influencé par nos musiques africaines », a souligné José Nzolani au Courrier de Kinshasa. Pour preuve, l’animateur radio et grand mélomane résidant à Paris a soutenu que le père du zouk, feu Jacob Desvarieux, « connaissait très bien notre musique ». « Il suffit de regarder sur les pochettes d’anciens disques,son nom y figure l’on n’y fait juste pas attention », a-t-il affirmé. Dès lors, le chroniqueur nous renvoie à l’époque où ingénieur du son au studio Joanna, il a contribué à la réalisation de plusieurs titres de musiciens africains dont il a reproduit certaines rythmiques dans Kassav’. Savoir qu’il était le pilier du célèbre groupe qui au départ expérimental s’est appuyé sur l’expertise du requin de studio imprégné par les diverses collaborations à sa portée. Ainsi, José Nzolani nous apprend que « les cuivres de Kassav’ sont inspirées de la musique de Manu Dibango », le regretté saxophoniste camerounais, légende de la musique africaine, également emporté par la Covid-19 l’an dernier.

En outre, nous indique encore l’animateur radio, les deux Congo aussi ont un tantinet été une source d’inspiration du zouk tel que rendu par Desvarieux au milieu des années 1980. C’est le cas notamment « du tube Missengué de Pierre Moutouari qui a donné lieu à Oh Madiana », l’on se souvient de ce sacré tube de Kassav’ rendu à merveille par la voix cassée de Jacob très appréciée par les mélomanes en featuring avec Georges Décimus. « La danse kwassa-kwassa, popularisée par Kanda Bongo, reprise par Pepe Kalle et Zaïko que l’on retrouve dans Syé bwa de Kassav’ », à chaque fois ce sont des titres que Jacob s’est chargé lui-même d’en rendre la teneur à travers le charme naturel de sa voix. Mine de rien, à y regarder de près, la gestuelle était la même quoique, dans le cas de Kassav’, l’on ait associé le geste à celle d’une scie servant à couper le bois, d’où le titre Syé bwa en créole ou Scier bois en français.Syé bwa, un des tubes de Kassav (DR)

Une passerelle entre l’Afrique et les Antilles
Par ailleurs, dans le cas de « la musique de Kanda Bongo, le soukous, était une adaptation de la rumba avec les musiques antillaises », nous rappelle le chroniqueur congolais. Ainsi, la rencontre des musiques africaines et antillaises ont été fréquentes en studio. C’est donc sans vraiment forcer, de façon quasi naturelle, que Jacob Desvarieux est parvenu à créer une passerelle entre l’Afrique et les Antilles. Savoir qu’il a su tirer le meilleur des expériences forgées le long des collaborations. Il faut retenir, en effet, qu’il a aussi notamment collaboré avec Georges Seba et Toto Guillaume.

L’album Kwassa kwassa de Kanda Bongo Man (DR)De son côté, Jean-Claude Nemro a joué du clavier dans l’album Deuxième mi-temps du Trio Madjesi. Et, le Camerounais Guy Nsagué qui a joué de la basse dans un des albums de Sam Mangwana s’est retrouvé à jouer dans Kassav’ en remplacement de Décimus. Autre chose, « un des choristes de Kassav’ n’est pas Antillais », nous a fait savoir José Nzolani. Savoir qu’il s’agit de « Jean-Jacques Seba, fils de Georges Seba » cité plus haut. Ainsi, les va-et-vient entre artistes africains et antillais ont produit des échanges qui ont donné le jour à des prodiges. Les œuvres produites sont appréciées des mélomanes tant Africains qu’Antillais et pas que, s’il faut s’en tenir au succès de Kassav’. Le groupe a aligné des tubes et a établi sa popularité dans le monde, la France elle-même conquise en premier.

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