La femme qui enfermait dans un puit a été interpellée par la gendarmerie

 La femme qui enfermait dans un puit a été interpellée par la gendarmerie

Elle enfermait son fils dans un puit de rétention sans eau en guise de punition. Un acte de maltraitance qui une fois découvert, a suscité l’indignation, défrayé la chronique et créé le buzz sur les réseaux sociaux. La mère indélicate a été interpellée vendredi par les services de gendarmerie de la brigade de Mpita à Pointe-Noire. Mais, cette femme connaissait-elle la loi?

L’acte semblait anodin pour cette femme de nationalité congolaise, âgée de 31 ans. Enfermer son fils de 8 ans dans un puit amenagé, afin de l’empêcher de vagabonder loin de la maison.

Par ignorance ou par par excès d’autorité parentale, la dame qui était loin de se douter de la mise en danger de la vie de son fils, pensait son acte normal, et elle s’en est vivement défendue.

Le 8 juin dernier, des voisins découvrent la dangereuse « prison souterraine » dans laquelle l’enfant suffoquait dans le noir, car la maman refermait le puit au moyen d’un morceau de planche sur laquelle elle posait deux énormes briques. Ils tentent en vain de la ramener la maman à la raison pour en extraire l’enfant. La femme s’estimant dans son bon droit de corriger son fils selon son bon vouloir, s’obstine à garder son fils dans le puit.

Dans cette rue des cocotiers, au quartier Malala, derrière l’aéroport Agostino Neto de Pointe Noire, les voisins accourent et chacun y va de son intervention, face à une maman qui justifie ce châtiment corporel par le caractère difficile de son fils dont la moindre once de liberté est synonyme d’évasion. Il va loin de la maison. Et il faut ensuite lui courir après, avec tous les risques qu’il puisse s’égarer ou être enlevé par une personne malvaillante.

Un raisonnement que la dame sûre de son bon droit a tenu devant la brigade de recherches de la compagnie territoriale de la gendarmerie de Mpita qui a ouvert une enquête sur ces actes de maltraitance, en attendant de déférer la dame devant le procureur de la République, qui de toute évidence, lui fera application de la loi sur la protection des enfants contre la traite et la maltraitance.

Cette femme, convaincue que sa punition ne provoquait pas de lésions sur son fils et ne le tuerait outre mesure, se doutait-elle que son acte est repréhensible et condamnable par la loi?

C’est sans doute le coté pédagogique de l’affaire, avec une maman dont le raisonnement se calque sur le niveau d’instruction et de ses connaissances, qui elles mêmes trainent encore au siècle dernier, quand les châtiments corporels étaient un moyen par excellence pour les parents, dans l’éducation des enfants réfractaires.

Obéir à la loi, c’est la connaître, l’étudier, mais c’est aussi l’accepter ou la contester, l’intérioriser et se l’approprier. Ce qui questionne les outils de contrainte, d’information de pédagogie mis en place par les autorités, pour en permettre la validité ou la pertinence.

Mais cette femme connaissait-elle la loi dans la forme telle que même sans tuer son fils, ce qui était loin de ses intentions, l’enfermer dans ce puit, la mettait en travers de la loi?

Peut-être est-il temps pour les autorités, de vulgariser ces lois, surtout sur les enfants, qui culturellement, tracent d’autres contraintes parentales et que certains justiciables sous informés et déconnectés de l’ère du temps, ne découvrent que devant le juge, avec un sentiment d’injustice à leur endroit.

Une injustice qui depuis, trotte en toute ignorance en cette dame qui pense être dépouillée de son autorité parentale.

Ce discernement ne manquera sans doute pas d’habiter le procureur, au moment de lever le glaive de la loi.

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