« La place de la femme, c’est à la cuisine »

 « La place de la femme, c’est à la cuisine »

Black woman cooking in the kitchen

«Quels que soient ses diplômes, la place de la femme, c’est à la cuisine ! », s’est exclamé avec fougue un pasteur lors d’une prédication relayée sur les réseaux sociaux. Une déclamation qui n’a pas manqué de faire réagir la toile.

Les réseaux sociaux ont offert l’opportunité aux Eglises de faire entendre leur message, d’annoncer la Bonne Nouvelle au-delà des murs de leurs assemblées. Cette opportunité d’évangélisation a été renforcée par des évènements tels que la crise sanitaire covid-19 et les nombreux confinements qu’elle a engendrés.

Ce moyen d’évangélisation a donc donné l’occasion à toutes les personnes ne faisant pas partie de ces églises, ou n’ayant pas reçu Christ, de découvrir ce qui se passe, notamment ce qui se dit dans ces assemblées ; et dans le cas présent, le monde virtuel  a été subjugué, c’est le cas de le dire.  Un pasteur lambda faisant partie d’une congrégation lambda, lors d’une prédication, a proclamé avec fougue à ses fidèles que la place de la femme est à la cuisine.

Assumant ses propos qu’il considère comme des paroles d’évangile, ce message n’a pas manqué de faire réagir la toile. Des personnalités comme Lady Sonia, coach en développement personnel de renommée internationale, qui intervient auprès des femmes pour leur émancipation, a tourné en dérision ce message, donnant l’occasion à ses abonnés de réagir à ces propos. Ce message sous forme de vidéo a vite tourné sur la toile et  fait le buzz. Au-delà de la question de la véracité biblique qui n’a pas pu être faite, certains internautes ont été foncièrement choqués par la désinvolture de cet homme de Dieu.  A croire certains intervenants, ce sont ses propres frustrations refoulées qu’il a sorties comme un exutoire.

La question est d’autant plus sensible que cette intervention laisse transparaître aujourd’hui encore l’influence que certaines figures d’autorités peuvent exercer sur les femmes, qui constituent la majorité de leur auditoire et la moitié de la force vive d’une nation. L’immense travail que font les institutions, qui luttent pour les droits des femmes depuis des siècles dans le but de leur rendre la dignité qu’elles ont perdue par le poids des coutumes et des cultures, est malheureusement pâli par ce genre de faits divers.

La question de la régulation de la vie religieuse en Afrique, plus précisément au Congo-Brazzaville se pose, au vu des multiples faits divers, des abus et des scandales dans les milieux des Eglises qui éclatent au grand jour sur la place publique. Sans remettre en cause leur appel et vocation, une formation, un encadrement et une enquête de moralité préalable de ces personnes appelées à donner un canal de vie à plusieurs âmes sont nécessaires. La question de l’influence des réseaux sociaux est encore relancée, car la liberté d’expression est certes un droit mais les conséquences de ce genre de prise de position restent immesurées.

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