La vente du chantier naval de Brazzaville, un manque à gagner

 La vente du chantier naval de Brazzaville, un manque à gagner

C’est un vestige qui date de l’époque coloniale et a été vendu par le gouvernement auprès d’une société immobilière pour la construction d’un centre commercial. Une décision qui dérange les différentes parties dans cette affaire parmi lesquelles, les armateurs, les agents et les maraichers de la zone et qui constitue une grande perte.

Les congolais ne comprennent pas les raisons pour lesquelles les autorités ont liquidé cette infrastructure. La réparation et la fabrication des bateaux ne sont-elles pas importantes se demandent t-ils? 

On a préféré la destruction d’un chantier naval à la construction d’un centre commercial. Les retombées d’un centre commercial sont-ils plus conséquents ? N’y a-t-il pas suffisamment d’espaces à Brazzaville susceptibles d’abriter un centre commercial ?

Les maraichères de la place quant à elles sollicitent qu’on leur donne une place qui leur permettra de poursuivre leurs activités et aussi s’attendent à un dédommagement parce qu’elles vont être déguerpies de l’endroit qui leur sert de canal de source de revenus. 

 « Nous aurons un grand cimetière de bateaux et de barges qui vont se retrouver aux cataractes parce que les bateaux risquent de couler ou dériver. Il n’y aura pas une unité pour secourir. Le port aura un manque à gagner parce qu’il n’aura plus assez d’unités qui vont faire des mouvements. Vous avez TBC qui s’occupe des grues  qui auront aussi un gros manque à gagner .Vous avez aussi les armateurs qui vont aussi perdre sur le plan de la comptabilité. Même au port d’Oyo, il y aura toujours un impact parce que vous n’aurez plus assez d’unités mais je pense que le gouvernement sait ce qu’il est en train de faire pour pallier à cette difficulté là » a déclaré Albert Nsakala, agent de la société.

A l’heure où les congolais sont à la recherche de l’emploi, les autorités décident de vendre le chantier naval qui entraînera l’exportation des emplois et des ressources financières. La vente de cette infrastructure vient encore  renforcer plusieurs difficultés. Selon Albert Nsakala, toutes les unités du Congo seront maintenant réparées au niveau de la RDC. Cela prendra un grand coût sur tous les plans. Une unité par exemple qui devait se faire réparer à Brazzaville, vous l’amenez d’abord à Kinshasa. Il faut d’abord faire les formalités de traversée. A Kinshasa, vous déboursez des dollars là-bas et les formalités pour rentrer à Brazzaville coûteront très chers.

Sur ce chantier un autre problème se présente, celui des unités en travaux qui attendent leur finalisation. Les agents de l’ex ATC-CNFT se questionnent alors  sur le déroulement du déplacement de ces machines. Comment procèdera la société qui a acheté le site pour déplacer ces unités et les mettre à l’eau et cela risquera leur écoulement. « Certaines unités n’ont pas encore pris fin au niveau du changement de fonds. Nous  sommes en période de sécheresse, il y a le bond de sable et on ne peut pas faire descendre  une unité parce que le syli ne sera pas fonctionnel. »

De leur côté, les agents de l’ex ATC-CNFT exigent le payement en intégralité de leurs droits  au montant de 7.110.467.275 francs CFA et l’apurement des arriérés des salaires estimés à 6 milliards de frs CFA  avant toute expulsion.

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