Le Bénin renforce la coopération sécuritaire avec ses voisins face à la recrudescence d’attaques

 Le Bénin renforce la coopération sécuritaire avec ses voisins face à la recrudescence d’attaques

Le président béninois Patrice Talon a annoncé, jeudi 10 février, le renforcement de son plan de riposte intérieur contre les groupes armées terroristes, mais il veut également activer l’état-major en vue d’une réponse commune avec les pays voisins. Le Bénin, qui partage le parc W avec ses voisins, est aussi membre de l’initiative d’Accra créée en 2017 pour faire face à la menace terroriste. Le gouvernement a indiqué que le « point triple » du Parc W est une zone critique où il fallait entreprendre des actions conjuguées.

Patrice Talon, qui s’est souvent fait représenter aux réunions sous-régionales, s’est rendu récemment, deux fois à Accra au sommet de la Cédéao. Le 9 janvier, il a vu en tête à tête ses pairs du Niger, du Ghana et du Burkina Faso. Le 16 janvier, en route pour Paris et Bruxelles, il s’est arrêté cette fois-ci à Abidjan pour rencontrer le président Alassane Ouattara.

Les deux pays, comme le Burkina Faso, le Ghana et le Togo, appartiennent à l’initiative d’Accra.

Coopération militaire renforcée 

Le mois dernier, leurs chefs d’États-majors se sont réunis à Accra. Cela dans le but d’une opération conjointe des armées des cinq pays pour « démanteler et mettre hors d’état de nuire les groupes armés terroristes et les groupes criminels organisés » qui opèrent dans les zones frontalières communes. L’opération sera baptisée « Koudanlgou renforcée », du nom d’un village du Burkina Faso.

Toujours dans la dynamique d’une riposte organisée avec les voisins, on apprend que le 6 décembre, les armées du Bénin et du Togo ont renforcé leur coopération sur le terrain et planifient des actions à leurs frontières communes.


Selon un rapport, l’influence jihadiste pourraient gagner de nouveaux pays d’Afrique de l’Ouest

Jusqu’où pourra s’étendre l’influence jihadiste en Afrique de l’Ouest ? Un nouveau rapport de l’Institut français des relations internationales (Ifri) tente de répondre à cette question. Le chercheur Mathieu Pellerin y décrit la progression des jihadistes vers les États côtiers, Bénin, Côte d’Ivoire, Togo ou encore Ghana. Une extension favorisée d’abord par des facteurs socio-économiques.

Une progression inexorable ?

Depuis 2012, la progression jihadiste paraît inexorable en Afrique de l’Ouest écrit le rapport. Les groupes armés ont étendu leur influence et leurs actions vers le Sud : on le voit au Mali, au Burkina ou au Niger.

Or, selon Mathieu Pellerin, les pays côtiers, Côte d’Ivoire bien sûr, mais aussi Bénin, Togo ou encore Ghana, sont aussi dans le viseur. Le nord ivoirien subit de plus en plus d’attaques, lancées depuis le Burkina. Le Bénin, d’abord source d’approvisionnement, se trouve face à une pression accrue, avec des opérations armées, des prêches dans les villages, du recrutement… Le Togo est lui aussi passé du statut de zone logistique à celui de théâtre d’opération.

Enfin, en Guinée et au Ghana, même si la présence de jihadistes n’y est pas encore avérée, des cellules seraient installées près de leurs frontières et du recrutement existe.

« Contagion » communautaire

Cette « contagion » comme l’écrit le rapport, est principalement communautaire. Les populations fragilisées, victimes d’injustice, de violence, au premier rang desquels les éleveurs qui font transiter leurs animaux, représentent un « terreau fertile ». Leur stigmatisation et leurs difficultés économiques en font des cibles privilégiées, même si les recruteurs s’intéressent aussi aux groupes d’auto-défense et aux criminels.

Le rapport souligne les efforts des États côtiers en termes de sécurité, de coopération, de maillage local. Mais selon l’enquête, les gouvernements doivent absolument combattre les fractures socio-économiques, pauvreté, et la stigmatisation s’ils veulent enrayer la percée jihadiste.

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