Le Don de l’Honorable Jeremy LISSOUBA à la Mairie de Dolisie, Quelques Observations.

 Le Don de l’Honorable Jeremy LISSOUBA à la Mairie de Dolisie, Quelques Observations.

C’est sur les réseaux sociaux que nous avons appris la dotation, par l’honorable Jeremy LISSOUBA, d’un centre de santé intégré à la mairie de Dolisie. On n’a pas besoin de sortir de Harvard, La Sorbonne, ou Oxford pour savoir que les députés ou sénateurs ne construisent pas les routes, les ponts, les écoles, les hôpitaux, etc. La construction des infrastructures de base fait partie des tâches dévolues à l’exécutif, dans le cadre de la séparation des pouvoirs. Pourtant, dans aucune République du monde il n’est fait interdiction à un citoyen de faire don à une personne–physique ou morale; publique ou privée– qu’il s’agisse d’un député, d’un sénateur, ou d’un membre de l’exécutif. Le Bejamin des LISSOUBA en tant que citoyen est donc dans son droit de faire un don à la mairie de la ville qui abrite la circonscription dont il est député.

Après réception de ce don, Qu’est-ce qu’il faut en penser?

Un don est un bien qu’on remet à une personne sans contrepartie. Le don reste un don tant que le donateur n’est pas soupçonné de vouloir blanchir de l’argent. L’honorable LISSOUBA est député; il peut utiliser ses émoluments, ses économies, pour faire don à qui il veut, même si c’est une mairie. D’ailleurs, nous ne pensons pas que M. LISSOUBA ait la gestion d’un quelconque budget dans le cadre de ses fonctions pour qu’on le soupçonne de quoi que ce soit. Cependant, si nous avons un conseil à donner à l’honorable Jeremy LISSOUBA, qu’il ne fasse pas ses dons en tant que député mais les fasse par le biais d’une fondation. La fondation Marie Bouanga, du même nom que le CSI objet dudit don, créée par sa mère, serait l’outil idéal pour accomplir des œuvres sociales à l’endroit, d’abord des citoyens de sa circonscription, mais également du pays tout entier, car l’arrière pays se meurt, et les fondations sont à même de jouer un rôle essentiel dans la renaissance de nos villages et dans la dépolitisation des mentalités.

Ceci dit, l’honorable LISSOUBA nous évitera de le confondre à ce pléthore de députés qui n’ont pour compétence que de narguer notre peuple lors des remises de dons a effets digestifs – comme si le rôle du député était de faire des dons– et ne réserver ses apparitions que pendant ses interventions à l’hémicycle, tel qu’il essaie de nous habituer, et les seules fois où nous semblons nous rappeler qu’il y a un parlement au Congo. Dommage que les interventions du fils du grand Prof manquent de fréquence!

Par ailleurs, que faut-il dire de la mairie de Dolisie, récipiendaire du Centre de santé?

Si nous avons un conseil à donner à la mairie de Dolisie, c’est qu’elle évite de briller par l’incompétence, comme c’est le cas pour la gestion du marché central de Dolisie, où l’on voit des petites mains vendre à même le sol; alors que les box et tables du marché sont vides, sans que la mairie ne s’empêche de collecter les 200 FCFA auprès des vendeurs.

Nous conseillerons à la mairie de Dolisie de créer une structure qui aura en charge la gestion du centre de santé. C’est cette structure qui embauchera le nouveau personnel du CSI, votera la charte du patient, définira le régime juridique de l’offre de santé, gérera la collecte des déchets médicaux, etc. Il ne faut pas que la gestion du SCI se confonde avec la gestion de la mairie. Pire, nous n’aimerions pas voir le CSI rempli des parents de X ou Y ou devenir la caisse noire pour payer les loyers des nombreux “makangu” que les jouisseurs de la mairie ont ici et là.

Les meilleurs outils du développement sont la gestion et la rigueur. Le CSI de Tsila ne produira des résultats que si la mairie, certes propriétaire du CSI, confie sa gestion à une structure à part, qui ne se confondra pas à un service ou département de la mairie. Parce qu’après, ne nous dites pas que l’Etat n’a pas fait ceci ou cela; que l’Etat ne paye pas le personnel; ou justifier l’insalubrité par manque de moyens.Le CSI appartient à la mairie, pas à l’Etat. C’est à la mairie de tout définir dans le strict respect de la législation en matière de santé et conformément aux principes de gestion.

Perspectives Divenie 2030

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