Législatives et locales : plus de 1 700 femmes candidates formées

 Législatives et locales : plus de 1 700 femmes candidates formées

Le ministère en charge des questions des femmes a lancé, le 11 juin à Brazzaville, la formation de plus de 1700 femmes candidates aux élections législatives et locales des 4 et 10 juillet prochains, à travers les douze départements du pays.

S’inscrivant dans le cadre du programme d’accompagnement des femmes en politique, la série de formations qui s’est poursuivie le 13 juin à Pointe-Noire, pour la partie sud, et à Owando, pour la partie septentrionale du pays, est organisée en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Le but visé est d’amener les femmes à briser les barrières et à valoriser leur leadership.

La formation a pour base, entre autres, les questions de communication politique. La communication est, d’après les formateurs, un maillon essentiel concernant une campagne électorale, d’autant plus qu’en politique il faut bien communiquer. D’où la nécessité d’inculquer aux femmes candidates des notions telles que la rédaction des discours et messages lors des campagnes ; la manière de se tenir et de s’habiller parce que sur le plan comportemental et dans l’expression non verbale, le vestimentaire est important. « Les femmes ont besoin d’un accompagnement profond parce qu’elles sont souvent marginalisées du fait qu’elles ont peur de l’inconnu, elles ne savent pas à quel saint se vouer lorsqu’elles se lancent dans le champ politique parce que c’est un champ de loups. Il s’agira de leur donner des outils qui leur permettent d’affronter ce milieu qui n’est pas facile », a expliqué Clarence Yongo du Cameroun, experte en communication politique.  

Le représentant résident du Pnud en République du Congo, Maleye Diop, a rappelé que la prise en compte des questions liées au genre et la participation des femmes à la vie politique sont des conditions sine qua non du développement démocratique et contribuent à la bonne gouvernance. L’absence des femmes aux postes les plus élevés du service public ne favorise pas le développement. D’où la nécessité de créer et de pérenniser un environnement favorable aux processus politiques qui renforcent la participation et l’émancipation des femmes. « Pour la République du Congo, il s’agit de remettre dans ses droits la partie de sa population la plus importante, à savoir les femmes qui représentent 52%. Plusieurs obstacles limitent encore l’accès des femmes aux fonctions électives », a-t-il rappelé.

Avoir davantage des femmes dirigeantes et leaders 

Selon lui, lors de l’établissement des listes des candidatures de leurs membres aux différentes élections, les partis politiques n’alignent pas les femmes de manière équitable. Elles-mêmes font preuve de beaucoup de faiblesses dans le domaine des techniques de préparation et de conduite des campagnes électorales pour se faire élire. Se félicitant de la participation des candidates de toutes les familles politiques à cette formation, Maleye Diop a indiqué que cela est un gage de la démocratie participative et inclusive qui repose sur l’expression plurielle nécessaire à la vitalité de la démocratie au Congo.

Lançant la formation, la ministre de la Promotion de la femme et de l’Intégration de la femme au développement, Inès Nefer Bertille Ingani, a salué le militantisme et l’engagement des candidates à braver les obstacles limitant leur accès à cette initiative, la première à avoir une envergure nationale. Représentant près de 51% des personnes inscrites sur les listes électorales, le pourcentage des femmes à l’Assemblée nationale est de 11,25% ; 18, 08% dans les conseils départementaux et 20, 83% dans les conseils municipaux. Ceci malgré l’article 17 de la Constitution et les dispositions de la loi électorale qui prescrivent la parité aux postes électifs.

Citant certains obstacles auxquels les femmes font face en politique, elle a souligné la nécessité d’avoir des épaules solides et de se doter d’une organisation à toute épreuve pour mener à fond les différents combats. « En effet, les onze formateurs identifiés vont vous donner des outils nécessaires pour votre ascension en politique ; l’exercice quotidien du pouvoir transcende la vie politique ; il donne une énergie démesurée…Notre objectif est de vous rappeler que les succès les plus éclatants sont souvent précédés des échecs. Le gouvernement a ainsi l’objectif d’avoir davantage des femmes dirigeantes ; plus de femmes leaders ; plus de femmes qui s’arriment à la République du Congo et qui la portent vers le haut ; plus de femmes qui feront bouger le monde », a souhaité Inès Nefer Bertille Ingani.

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