Les handicapés peuvent à nouveau traverser la frontière terrestre Tchad-Cameroun

 Les handicapés peuvent à nouveau traverser la frontière terrestre Tchad-Cameroun

Au Tchad, les autorités de transition ont autorisé les personnes handicapées de traverser les frontières Tchad-Cameroun fermées depuis plusieurs années pour des mesures de sécurité.

La décision a été prise mercredi à l’issue d’une rencontre tenue à la primature autour du Premier ministre de transition, les ministres concernés, le service de sécurité et les représentants des personnes vivant avec un handicap.

« C’est depuis 10 ans que la frontière Tchad-Cameroun est fermée aux personnes handicapées, après 7 mois de lutte, c’est aujourd’hui que les personnes handicapées sont arrivées à la terre promise et c’est une très grande joie et une victoire », a déclaré Ali Ousingbédé Justin, alias Gillet Noir, chef de file d’un groupe des personnes handicapées qui ont manifesté pour cette cause.

Madjitelssem Séverin, représentant des personnes handicapées au Conseil économique, social et culturel, se réjouit. Il informe qu’ils vont organiser sur la base des principes avec le service de sécurité et avec le ministère de tutelle pour voir quel mécanisme mettre en place pour les contrôles douaniers.

Entre temps, une liste sera ouverte pour ceux qui veulent aller à Kousseri, ville frontalière du Cameroun, avec des badges pour éviter les tracasseries douanières. « Celui qui refuse de se mettre en règle sera frappé par la loi », a précisé Gilet Noir.

Concurrence déloyale?

La fermeture de la frontière était soutenue par certains marchands qui accusent les commerçants handicapés de concurrence déloyale.

Pour leur part, les autorités en charge de la sécurité publique avaient justifié l’interdiction de la mobilité des tricycles entre les deux pays par des craintes liées à la difficulté de faire des fouilles. Certains agents craignaient que ces tricycles ne soient utilisés pour faire entrer au Tchad des produits prohibés, comme les armes ou les boissons frelatées.

Ces arguments ne sont pas fondés, selon Béral Mbaikoubou, non voyant membre du Conseil National de Transition.

« Une personne handicapée ne traverse pas la frontière pour le trafic commercial, mais aussi pour des soins médicaux, acheter des denrées alimentaires pour sa consommation personnelle qui quelquefois coûtent moins cher là-bas qu’au Tchad », affirme-t-il.

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