Les menaces de mort de Firmin Ayessa à Owando ayant conduit au décès de Guy Parfait Kolelas

 Les menaces de mort de Firmin Ayessa à Owando ayant conduit au décès de Guy Parfait Kolelas

Guy Brice Parfait Kolelas est mort en plein vol alors qu’il était évacué vers Paris pour y être traité de la Covid-19. Quelques jours plus tôt, au cours d’un meeting à Owando dans le département de la Cuvette centrale, l’actuel Vice premier ministre Firmin Ayessa proférait des menaces de mort contre le duo Yhombi-Kolelas. Avec la mort de Parfait Kolelas peut-on croire qu’il s’agissait bel et bien d’un assassinait prémédité?

En proférant des menaces de mort contre Guy Brice Parfait Kolelas et Jean Jacques Yhombi Opango, Firmin, Ayessa, porte aujourd’hui la lourde responsabilité du décès du premier. Alors qu’il a entamé sa campagne électorale en pleine forme, Parfait Kolelas s’est éteint dans un avion médicalisé à destination de Paris suite à la détérioration de son état de santé après qu’il ait été testé positif au Covid.

Dans la culture africaine, tout sorcier qui menace de mort sa victime est l’auteur de son malheur. Firmin Ayessa devrait en tirer les conséquences.

L’opposant congolais Guy-Brice Parfait Kolelas est décédé à 60 ans des suites du coronavirus lors de son évacuation vers la France où il espérait suivre de meilleurs soins. C’était le principal rival de Denis Sassou Nguesso à la présidentielle qui s’est tenue dimanche 21 mars au Congo-Brazaville.

« C’est vers 2 heures du matin [heure du Congo], que j’ai reçu un appel de la France m’informant de son décès [de Guy-Brice Parfait Kolelas]. C’est un vrai choc », nous a confié au téléphone son directeur de campagne, Christian Cyr Rodrigue Mayanda depuis Brazzaville.

Selon son directeur de campagne, M. Kolélas, alias « Pako » est décédé dans l’avion qui était venu le chercher à Brazzaville dimanche après-midi en direction de la France, où il devait suivre de meilleurs soins pour vaincre le coronavirus.

« On va continuer à compter les bulletins. Il était en tête dans un certain nombre de localités. Ensuite, nous allons nous organiser pour le deuil », a-t-il indiqué, la voix triste.

Il a prévu, ce lundi 22 mars, un rassemblement avec les militants de l’Union des Démocrates Humanistes (UDH-Yuki).

« Coup dur pour le peuple »

« Sa mort est un coup dur pour le peuple congolais. On ne voit plus les choses sous l’angle du pouvoir ou de l’opposition. Quand on perd une personne de cet acabit, c’est l’ensemble du peuple congolais qui est blessé dans sa chair », affirme l’activiste Marcus Kissa.

Pour lui, « l’heure n’est plus aux clans, aux divisions; le moment est plutôt au recueillement », exhorte-t-il.

Guy-Brice Parfait Kolélas, président de l’UDH-YUKI, avait été testé positif au covid-19 vendredi 19 mars, au retour de son meeting de Gamboma, dans les Plateaux (Nord), où avait commencé à se sentir malade. « Il avait même fini cette rencontre sur une chaise et avait manqué son meeting de clôture à Brazzaville samedi », avait confié M. Mayanda.

Il avait été hospitalisé aux soins intensifs à la Clinique Securex de Brazzaville, avant d’être transféré, dimanche matin, au CHU de la capitale.

« Il peut maintenant reconnaitre les gens. Il est très combattif. Il s’en sortira », avait déclaré, plein d’espoir, son directeur de campagne, joint au téléphone dimanche matin.

Au final, la maladie aura défié tous les pronostics positifs et terrassé tous les espoirs.

Pour Andrea Papus Gombet, fondateur du Collectif Sassoufit, la mort de « Pako » ne met pas un terme à son combat pour l’alternance. « C’était un libérateur héritier du combat du président Fulbert Youkou et du Cardinal Émile Biayenda pour les libertés civiles et l’Etat de droit en République du Congo. Le président Kolélas n’est plus mais notre combat pour l’alternance demeure », affirme Andrea Gombet, qui avait d’ailleurs appelé à voter pour M. Kolélas.

C’était aussi cet espoir que nourrissait « Pako », même sur son lit de mort.

L’adieu de Parfait Kolélas

D’ailleurs, samedi, à quelques heures du scrutin de dimanche, l’ancien député de Kinkala, dans le département du Pool, avait publié une vidéo dans laquelle il était alité et affaibli. D’une voix saccadée, juste après avoir retiré un masque d’assistance respiratoire, il avait déclaré: « Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serais pas battu pour rien ».

Ensuite, il avait lancé cette exhortation à la population congolaise: « Levez-vous comme un seul homme. Faites-moi plaisir. Je me bats sur mon lit de mort. Vous aussi, battez-vous, pour votre changement. Il en va de l’avenir de vos enfants ».

Le message de cette vidéo qui aura certainement valeur de testament politique, restera gravé dans la mémoire des Congolais.

« Je retiens la dernière image qu’il a publiée sur les réseaux, celle où il est quasiment à l’article de la mort. La première chose à laquelle il pense, c’est son peuple », raconte Markus Kissa, activiste politique, d’une voix émue et admirative.

« Ils parlent de ceux qui le suivent, de ceux qui ont confiance en lui, en son projet. Au lieu de penser à sa santé, à sa personne, il pense d’abord à ces gens qui ont besoin de changement », ajoute cet activiste congolais, qui réside en France, et qui a travaillé avec Kolélas dans quelques projets politiques, comme lors de la présidentielle de 2016 lorsque le leader de l’UDH-Yuki présentait son projet de société.

Sur les traces de son père

Opposant historique comme le fut son père, l’ancien Premier ministre Bernard Kolélas, Parfait Kolélas était arrivé deuxième à la présidentielle de 2016. Cet économiste de formation apparaissait comme l’unique véritable challenger du président sortant Sasssou Nguesso à la présidentielle du 21 mars..

Il a été ministre de la Marine et de la Pêche intérieure de 2007 à 2009, puis ministre de la Fonction publique de 2009 à 2015.

Né le 6 août 1959 à Brazzaville, Guy Brice Parfait Kolélas a succédé à la présidence par intérim du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégré (MCDDI), à la suite du décès de son père, Bernard Kolélas, avant de fonder, en 2017, un nouveau parti, l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki).

Il avait étudié l’économie à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, avant de poursuivre ses études en France, où il avait obtenu un diplôme en économie de l’Université de Besançon en 1985 et un diplôme en transports internationaux de l’Institut international des transports de Mulhouse en 1987.

Il était aussi titulaire d’un doctorat en économie industrielle, spécialisé en stratégie d’entreprise obtenu à l’Université de Dijon en 1993.

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