Les Suisses votent massivement pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels

 Les Suisses votent massivement pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels

Le « oui » l’a emporté avec 64% ce dimanche, dépassant largement le score prédit par les sondages. Le pays est l’un des derniers États occidentaux à ne pas avoir légalisé le mariage homosexuel. Pourtant, la société suisse s’y prépare depuis des années, à l’image des catholiques-chrétiens. Les 10 000 membres de cette petite Église progressiste acceptaient déjà la bénédiction des couples homosexuels. Ils viennent de dire « oui » au mariage pour tous.

Jean Lannoy l’affirme : « Ce que nous faisons depuis longtemps pour les couples hétéros, nous allons le faire aussi pour les couples homos. » Cela fait très longtemps qu’il est convaincu que le mariage pour tous doit être reconnu en Suisse.

Les couples homosexuels peuvent déjà nouer un pacte civil mais le nouveau texte prévoit que les couples de même sexe pourront adopter un enfant conjointement. Les couples de femmes pourront de surcroît recourir au don de sperme, un des points les plus controversés.

Ce prêtre de l’Église catholique-chrétienne a d’ailleurs voté pour que son église aille encore plus loin et marie religieusement les couples homosexuels. C’est désormais chose faite. Et il a déjà été approché par un couple de femmes. « J’ai été approché, mais j’ai mis l’épouse en attente parce que l’idée, c’est d’apporter quand même quelque chose qui correspond aux personnes. Donc, quand on a un rituel patriarcal, il faut en changer », estime-t-il. Exit le mari et femme, Jean Lannoy va devoir adapter la liturgie de l’Église pour coller au plus près de ce que vivent ces couples.

Stéfanie Arnold, elle aussi, est particulièrement concernée puisqu’elle est homosexuelle, en couple et future prêtre de l’Église catholique-chrétienne. Mais la jeune femme a du mal encore à se dire qu’elle aussi pourrait passer devant et non plus derrière l’autel. « Moi j’avais 15 ans quand j’ai eu mon coming out. Je n’avais pas pensé à me marier, ce n’était pas possible, témoigne-t-elle. Donc, je pense qu’au moment où on va voter « oui » pour beaucoup de gens ce sera le début de la réflexion. »

« Une journée historique »

À force de répéter que le texte allait l’emporter très facilement, les partisans du mariage pour tous commençaient à craindre un vote caché des opposants venus principalement de la droite nationaliste et des milieux évangéliques. Il n’en a rien été. Même les cantons traditionnellement plus conservateurs qui avaient voté contre le partenariat enregistré pour les couples homosexuels, – c’était en 2005 -, semblent approuver le mariage pour tous.

C’est la preuve que les temps ont véritablement changé, estime la député verte Lisa Mazzone, interrogée par la Radio Télé Suisse (RTS).

« C’est une émotion énorme. C’est une journée historique pour la Suisse entière qui entre dans un monde moderne. Et de voir que ce n’est pas seulement certains cantons visiblement dans les tendances qui disent aujourd’hui « oui », c’est un signal qu’il faut arrêter d’être timoré sur cette question. Il faut vraiment aller avec la société. C’est vraiment un monument qu’on a gravi, qu’on a atteint. »

La campagne a été marquée par les affiches chocs des opposants. Comme celle ou un zombie tout droit sorti d’un film d’horreur fixe les passants avec un message dénonçant la marchandisation supposée des enfants puisque le texte ouvre également le droit à la PMA pour les couples de lesbiennes. Mais l’argument n’a pas pris. Même chez les catholiques et les protestants, le « oui » domine.

La Suisse, qui avait été en 1942 l’un des premiers pays en Europe à dépénaliser durablement l’homosexualité, devient ainsi le 29e État à reconnaître officiellement le mariage entre les personnes de même sexe.

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