Naufrage meurtrier en Grèce: neuf passeurs présumés face à la justice

 Naufrage meurtrier en Grèce: neuf passeurs présumés face à la justice

En Grèce, neuf Égyptiens soupçonnés d’être des passeurs sont présentés pour la première fois à un juge ce lundi 19 juin. Les neuf hommes font partie des 104 rescapés, qui se trouvaient à bord du bateau de pêche surchargé, en route de la Libye vers l’Italie, avant de faire naufrage, la semaine dernière, aux larges des côtes grecques. Le rôle des garde-côtes grecs dans ce naufrage suscite à présent les doutes et la controverse.

Officiellement, ce naufrage a fait au moins 78 morts, mais différents témoignages – qui évoquent la présence à bord de plus de 700 personnes – suggèrent un bilan bien plus lourd. Pour l’Organisation internationale pour les migrations, il s’agit ainsi de « l’une des tragédies les plus dévastatrices en Méditerranée en une décennie ».

La version initiale des garde-côtes grecs est mise à mal par certaines informations techniques relayées par les médias. Pour bien comprendre, les garde-côtes grecs ont dit au départ : « le bateau n’avait pas besoin d’assistance. D’ailleurs, les personnes à bord ne souhaitaient pas être secourues. Grosso modo, tout allait à peu près bien et, avant le naufrage soudain, l’embarcation continuait à faire route normalement vers l’Italie ».

Or, ce que dit l’analyse du mouvement de plusieurs autres bateaux, qui se trouvaient dans cette même zone de la Méditerranée – analyse effectuée par la BBC grâce aux informations transmises notamment par les balises – c’est qu’en réalité, le vieux bateau de pêche surchargé par la présence de plusieurs centaines de migrants n’aurait quasiment pas bougé pendant une durée d’au moins sept heures. Ces deux versions, totalement contradictoires, ne peuvent donc que jeter le trouble, à ce stade, sur le rôle exact joué par les garde-côtes grecs, au cours de ce naufrage particulièrement meurtrier.

La politique migratoire en débat

Un naufrage qui intervient alors que la Grèce se rend une seconde fois aux urnes, dimanche prochain 25 juin, pour les élections législatives. La principale répercussion sur la campagne est que la politique migratoire est revenue au cœur des débats, alors qu’elle était plus ou moins absente de la campagne, au moment de la première élection, le mois dernier.

Kyriakos Mitsotakis – le Premier ministre sortant, qui est aussi candidat à sa réélection – a tendance pour l’heure à éluder la part de responsabilité des politiques grecques et européennes dans la dangerosité des routes migratoires. Le chef de la droite grecque rejette en effet toute la faute sur les seuls passeurs, tout en accusant ses adversaires de gauche d’avoir été, par le passé, trop laxistes sur le sujet.

Quoi qu’il en soit, le retour de cette question migratoire ne devrait pas modifier le résultat des législatives, qui devraient confirmer, en Grèce, la récente large victoire de la droite sortante.

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