Nucléaire iranien: les demandes russes provoquent un coup d’arrêt dans les négociations

 Nucléaire iranien: les demandes russes provoquent un coup d’arrêt dans les négociations

Les négociations sur le nucléaire iranien, qui semblaient sur le point d’aboutir il y a tout juste une semaine, ont été suspendues vendredi 11 mars. La demande par Moscou de garanties supplémentaires a compliqué la donne.

« Nous devons faire une pause dans les pourparlers en raison de facteurs externes », a tweeté Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne qui coordonne le processus. « Un texte final est quasiment prêt et sur la table », a-t-il ajouté, disant rester « en contact » avec les différentes parties et les États-Unis « pour surmonter la situation actuelle et conclure un accord ».

Le 4 mars, les diplomates évoquaient une entente imminente, mais le lendemain Moscou, pilier essentiel des négociations, jetait un froid. La Russie, frappée par des sanctions occidentales après son invasion de l’Ukraine, a ainsi demandé des garanties américaines que ces mesures de rétorsion n’affecteraient pas sa coopération économique avec l’Iran.

Des revendications jugées « hors sujet » par le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, mais qui ont mis un coup d’arrêt aux discussions.

Une reprise « très, très bientôt… »

Téhéran est engagé depuis onze mois dans des pourparlers à Vienne avec les grandes puissances pour tenter de sauver l’accord de 2015.

Conclu par l’Iran d’un côté, les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l’Allemagne de l’autre, ce pacte était censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique en échange de la levée des sanctions qui asphyxient son économie. Mais il s’est délité après le retrait en 2018 de Washington qui a rétabli ses mesures contre l’Iran. En réaction, l’Iran s’est progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire.

À sa sortie du palais Cobourg, hôtel de luxe de la capitale autrichienne où se déroulent les discussions, le diplomate de l’UE Enrique Mora a dit espérer une reprise « très, très bientôt ».

« L’Iran et les États-Unis ont constamment montré une approche très constructive, très positive », a-t-il assuré. Et d’ajouter : « On en est au stade des notes de bas de page. » Le négociateur russe Mikhaïl Oulianov a pour sa part dénoncé « les tentatives de rejeter toute la faute » sur Moscou.

L’Iran, proche de la Russie, se retrouve dans une position difficile et avait accusé jeudi les États-Unis, qui auraient formulé de « nouvelles exigences ».

Vendredi, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Saïd Khatibzadeh, s’est voulu rassurant. « Aucun facteur externe ne va affecter notre vœu commun d’un accord collectif », a-t-il réagi sur Twitter. « La pause peut fournir l’élan pour résoudre les problèmes restants ».

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