Ouganda: le fils Museveni, un départ de l’armée qui interpelle

 Ouganda: le fils Museveni, un départ de l’armée qui interpelle

En Ouganda, le fils du président Museveni succèdera-t-il à son père ? Muhoozi Kainerugaba a annoncé mardi 8 mars son départ de l’armée, dont il était un des principaux chefs. Ce qui relance les spéculations autour d’une succession familiale à la tête du pays.

« Après 28 ans de service dans ma glorieuse armée, la plus grande armée du monde, je suis heureux d’annoncer ma retraite ». C’est ce qu’a écrit sur twitter Muhoozi Kainerugaba.

Il a le grade de général et dirige l’armée de terre depuis le mois de juin 2021, après avoir commandé les forces spéciales. Muhoozi Kainerugaba est âgé de 48 ans et il est présenté depuis plusieurs années déjà comme un successeur potentiel de son père Yoweri Museveni, au pouvoir à Kampala depuis 1986.

Un président en exercice qui, même s’il aime mettre en avant sa bonne forme physique – on l’a vu notamment faire des pompes lors de la dernière campagne présidentielle -, a 77 ans.

Sur les réseaux sociaux, les proches du pouvoir poussent le mot dièse #MK2026 en référence à l’année du prochain scrutin.

Admiration pour Paul Kagame

La place de Muhoozi Kainerugaba dans l’armée, ainsi que son poste de « haut conseiller présidentiel chargé des opérations spéciales », en font un candidat très sérieux au pouvoir.

Sur son fil Twitter, il a récemment beaucoup mis en avant la réouverture de la frontière avec le Rwanda, et fait part de son admiration pour Paul Kagame, qu’il a rencontré à Kigali fin janvier. Il a aussi affiché son soutien à la Russie, estimant au sujet de l’Ukraine que « Poutine a absolument raison ».

Le sujet de la succession est délicat en Ouganda. L’écrivain Kakwenza Rukirabashaija a récemment dû fuir le pays après des commentaires désobligeants. Il avait auparavant été arrêté et torturé pour avoir moqué le fils du président sur les réseaux sociaux.

Je dois dire pour commencer que cette annonce a été un peu surprenante. La plupart d’entre nous, analystes politiques, ne pensions pas qu’il ferait cela si vite. Mon analyse était que son père allait concourir une fois de plus à la présidentielle en 2026, et qu’ensuite, probablement, ce serait l’heure du fils. Mais le fils a l’air un peu patient, et ça risque d’être un plus gros challenge pour lui que s’il avait attendu cinq ans de plus

Bernard Sabiiti, chercheur en sciences politiques à Kampala

François Mazet

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