Sécurité sociale : nécessité de réformer le système congolais de retraite

 Sécurité sociale : nécessité de réformer le système congolais de retraite

Le système de sécurité sociale en République du Congo, selon les experts, ne contribue ni à la protection des travailleurs, ni au développement humain, encore moins à la couverture des employés du secteur informel.   

Le rapport conjoint Congo/PNUD sur le développement humain au Congo (RNDH-2020), dévoilé récemment, note l’inefficacité de l’investissement public en faveur de la sécurité sociale et l’exclusion des travailleurs du secteur informel. Élaboré par les experts du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le rapport a également noté le faible niveau des cotisations qui affectent la prise en charge réelle des prestations, car le système actuel ne couvre qu’environ 173.700 travailleurs des secteurs public et privé.  

Au Congo, la fonction de la sécurité sociale est assurée, et ce depuis 1956, par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à laquelle sont affiliés les travailleurs du secteur privé, et la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) qui s’occupe du régime spécial de retraite des agents de l’État et des agents assimilés des organismes publics. Le droit d’accès à ces régimes dit « contributifs » est acquis par les cotisations reposant sur les salaires des bénéficiaires.

Normalement, ces cotisations devraient couvrir les soins de santé, les prestations familiales, les accidents de travail et les maladies professionnelles, les invalidités, la vieillesse et le décès. Malheureusement, « ces deux caisses éprouvent d’énormes difficultés qui rendent inopérantes des services qu’elles sont censées fournir, en dehors des pensions de retraite qui sont payées aussi avec beaucoup de difficultés », soulignent les experts.

Une des particularités de ce système de protection sociale, ajoute le rapport, est que les deux caisses ne concernent que les employés du secteur formel ou structuré, ce qui explique le faible nombre des cotisants et des pensionnats. Seulement 9% des actifs sont couverts par le système de protection sociale et 5% des personnes vulnérables (selon le rapport RNDH-2020).  

« Le secteur informel occupe une place très importante au Congo tant dans la création de la richesse que dans l’emploi. Cependant, le système de protection sociale qui prévaut actuellement au Congo, qui ne se charge que des employés du secteur structuré, exclut de nombreux travailleurs indépendants, notamment du secteur informel qui ne disposent pas de régime propre », soulignent les experts, ajoutant toutefois que des réformes ont été envisagées au cours de ces années pour la mise en œuvre de nouveaux régimes de protection sociale avec l’objectif d’accompagner chaque citoyen tout au long de sa vie, de la protéger en cas de survenance d’évènements.  

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