Sénégal: deux députés de l’opposition devant la justice pour la manifestation du 17 juin

 Sénégal: deux députés de l’opposition devant la justice pour la manifestation du 17 juin

Au Sénégal, le procès en flagrant délit de deux députés de l’opposition se tient ce lundi au tribunal de grande instance de Dakar. Déthié Fall, mandataire de la coalition Yewwi Askan Wi, et Mame Diarra Fam, ont été arrêtés vendredi 17 juin notamment pour « rassemblement illicite », lors d’une manifestation interdite par la préfecture.  Au moins 3 personnes sont décédées lors de ces manifestations, à Dakar et en Casamance, dans le sud du pays.

L’audience s’est ouverte dans une salle comble et en présence de plusieurs leaders de la coalition Yewwi Askan Wi comme Ousmane Sonko, Khalifa Sall, ancien maire de Dakar, ou encore la députée Aida Mbodj. Elle avait lieu dans le palais de justice, sécurisé par un important dispositif de force de l’ordre. Au total, 84 prévenus arrêtés le 17 juin à Dakar sont jugés lors de cette audience spéciale et publique, notamment pour « rassemblement illicite au cours duquel des violences et dégradations de biens ont été commises ».

D’emblée, le président du tribunal a appelé l’assistance à la retenue, au calme et à la sérénité. « Ce n’est que le droit qui sera dit, quelles que soient les circonstances », a-t-il assuré.

Lors de leur arrivée dans la salle, les députés ont été applaudis par leurs partisans, certains font le « V » de la victoire. « Aucun signe d’approbation ou de désapprobation n’est permis », a répondu le président du tribunal, qui a appelé à la retenue et à la sérénité

« Le droit de manifester est inscrit dans la constitution »

Le premier à être appelé à la barre a été Dethie Fall, mandataire de Yewwi Askan Wi. Vêtu de blanc, il a rejeté tous les faits qui lui sont reprochés. « J’ai introduit la déclaration de manifestation au niveau de la préfecture de Dakar » qui l’a interdite, affirme le mandataire de Yewwi Askan Wi et « j’ai été enlevé devant le siège de mon parti », martèle-t-il. « Après l’interdiction du rassemblement, avez-vous dissuadé les gens de manifester ? », lui a demandé le procureur. « On ne peut pas me reprocher une manifestation qui n’a pas existé. Nous sommes au Sénégal, le droit de manifester est inscrit dans la Constitution », a rétorqué le député.

À son tour Mame Diarra Fam, s’exprimant en wolof, a rejeté les accusations en soulignant qu’elle se trouvait loin du lieu prévu pour la manifestation, en l’occurrence la place de la Nation. Elle a été embarquée dans un fourgon alors qu’elle allait voir le maire de Dakar, Barthélémy Dias, affirme-t-elle.

Autre procès ce lundi, celui d’Ahmed Aïdara, maire de Guédiawaye en banlieue de Dakar, également arrêté le 17 juin pour avoir bravé l’interdiction de manifester. Il est libre, indique ce lundi soir sa défense, mais il est condamné à un mois de prison avec sursis.

De son côté, la coalition au pouvoir, Benno Bokk Yaakaar, est vent debout après un tweet du socialiste français Olivier Faure qui dénonce une justice sénégalaise « instrumentalisée » et une « démocratie piétinée ». Le porte-parole de la coalition dénonce une immixtion dans les affaires intérieures sénégalaises et « un néocolonialisme mental ».

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