Session ordinaire de mars : la gouvernance électorale au cœur de l’enjeu parlementaire

 Session ordinaire de mars : la gouvernance électorale au cœur de l’enjeu parlementaire

La première session ordinaire de l’année en cours qui s’est ouverte, le 15 mars, dans les deux chambres législatives à la faveur de la rentrée parlementaire, est très attendue. Non seulement parce qu’elle est la toute première à se tenir sous l’ère de l’Union sacrée de la nation avec, à la clé, une nouvelle majorité parlementaire, mais surtout parce que les enjeux qui la sous-tendent sont étroitement liés à l’avenir sociopolitique immédiat du pays.

En tout cas, la ferveur parlementaire était au rendez-vous à l’ouverture de la session ordinaire de mars dans les deux chambres. Les députés et sénateurs n’auront certainement du temps de répit au regard de la consistance des matières qui seront soumises à leur examen à l’instar de la nébuleuse question électorale. Vu les changements politiques intervenus, entre-temps, dans le microcosme politique congolais sur fond du renversement de la majorité, la problématique électorale sera sans conteste au cœur du débat, chaque camp politique tenant à s’aménager, d’ores et déjà, des garanties de réussite en prévision des prochaines joutes électorales. Les romains risquent donc de s’empoigner sur la réforme électorale dont le renouvellement de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) constitue l’un des points saillants.

Les différentes composantes de la société civile n’étant pas parvenues à un accord sur le nom du successeur de Corneille Naanga, il appartiendra à la représentation nationale de booster le processus en exhortant les différentes parties concernées à plus de diligence et de patriotisme. A ce sujet, le Speaker de la chambre basse, Christophe Mboso N’kodia, n’est pas allé de main morte pour interpeller les chefs spirituels à désigner rapidement leur représentant à la Céni et surtout à dépasser leurs égo surdimensionnés pour l’intérêt du peuple. « Plus la désignation des membres de la Céni traîne, plus nous accumulons le retard. Chacun doit être conscient et assumer pleinement sa part de responsabilité », a déclaré le doyen Mboso Nkodia faisant indirectement allusion à la controverse née à la suite de la désignation contestée de Ronsard Malonda – soutenu par le FCC et boudé par l’église catholique – à la tête de la Céni.

Booster le processus électoral

Une chose est vraie, c’est que le processus de désignation du nouveau président de la Céni et des nouveaux animateurs de l’institution électorale est actuellement au point zéro. Les débats à ce sujet restent cependant ouverts. Les opinions s’entrechoquent notamment sur les changements à apporter sur le cadre électoral, vu que le système électoral congolais a suffisamment montré ses limites depuis les derniers scrutins de 2011 et 2018. D’où la nécessité d’y introduire des réformes, à en croire les experts qui surfent sur le fichier électoral, les modes de scrutins, le financement des partis politiques, les contentieux électoraux, l’accès aux médias, etc.

Plusieurs organisations de la société civile et même politiques ont déjà esquissé leurs projets de loi électorale en attente d’être passés au crible en plénière. De l’exigence de la suppression du seuil électoral à l’abandon de la proportionnelle à l’adoption du scrutin majoritaire simple, en passant par l’interdiction du cumul des candidatures à deux scrutins, ou encore, l’élection du président de la République au suffrage indirect, autant des propositions qui attendent d’être examinées. Toutefois, il appartiendra à leurs initiateurs d’avoir les coudées franches pour convaincre dans une approche de meilleure requalification de la gouvernance électorale.

« Le salut du peuple demeure la loi souveraine », a martelé le président de la chambre basse qui entend impulser une dynamique nouvelle à la réforme électorale, laquelle réforme devra également intégrer dans l’analyse le recensement ou l’identification de la population présentées, à tort ou à raison, comme des préalables majeurs à la tenue en 2023 des élections crédibles, apaisées et transparentes.

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