Tchad, à Abéché, un bilan des manifestations qui ne cesse de s’alourdir

 Tchad, à Abéché, un bilan des manifestations qui ne cesse de s’alourdir

À Abéché, ville de l’est tchadien, le bilan des manifestations ne cesse de s’alourdir : au moins onze morts et plus de 80 blessés dont une vingtaine de blessés graves selon les organisations de défense des droits de l’homme qui font également état de plus de 200 arrestations. Les autorités, elles, ont regretté « des pertes en vies humaines » sans préciser de bilan pour le moment. Quatre ministres sont sur place depuis le 27 janvier pour tenter de trouver des solutions à cette crise. Premier signe de décrispation : deux chefs traditionnels sont suspendus de leurs fonctions. 

Très tôt le matin, une foule dense a convergé vers la place de la Nation à Abéché, rapporte un témoin. Après cette nouvelle marche, certains habitants sont allés enterrer leurs proches, morts lors des manifestations. Dans le reste de la ville, un fort dispositif militaire est déployé. « La situation est sous contrôle », selon Abderamane Koulamallah, le porte-parole du gouvernement joint par téléphone.

Discussions entamées 

Sur place, avec trois autres ministres, il explique que des discussions ont commencé avec une quarantaine de représentants des manifestants. Le ministre ne donne pas plus de détails mais confirme que le sultan de Dar Ouaddai et le chef de canton de Bani Halba sont suspendus de leurs fonctions. C’est l’annonce de l’intronisation du chef de ce nouveau canton qui avait mis le feux aux poudres à Abéché.

Ambiance crispée

Malgré ces gestes d’apaisement, le climat reste crispé. Les associations de défense de droits de l’homme au Tchad disent craindre une montée des violences. Les missions diplomatiques appellent à « un retour au calme ». À Ndjamena, comme dans plusieurs villes du pays, les boutiques tenus par des commerçants originaires de la province du Ouaddaï sont restées fermées en soutien aux familles des victimes.

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